Dick Wolf : "Mariska Hargitay est la mère du mouvement #MeToo"

Médias
INTERVIEW - Le pape de la télévision américaine, c’est lui. De "New York Unité Spéciale" à "Chicago Fire", le légendaire producteur Dick Wolf a lancé quelques-unes des séries policières les plus regardées au monde. LCI l'a rencontré lors du 59e Festival de télévision de Monte-Carlo pour parler de sa nouvelle série "FBI". Mais pas que.

Son nom vous échappe peut-être mais vous n'avez pas pu passer à côté de ses séries. Créateur de la franchise "New York Police Judiciaire" et de ses nombreux dérivés dont "New York Unité Spéciale", Dick Wolf est l'un des maîtres du petit écran outre-Atlantique. Tel un Midas des temps modernes, chaque programme que crée le producteur de 73 ans se transforme en or. Et se décline presqu'à l'infini. 


Après une escale à Chicago, qui a donné naissance à "Chicago Fire", "Chicago PD" et "Chicago Med", le voilà de retour dans sa ville natale de New York pour "FBI", une plongée au cœur des missions des célèbres agents qui débarquera prochainement sur M6. Ses acteurs, interrogés par LCI lors du 59e Festival de télévision de Monte-Carlo, ne tarissaient pas d'éloge sur celui à qui le titre de légende va comme un gant. Le principal intéressé s'est montré un peu moins bavard mais nous a quand même accordé quelques mots.

LCI : Vous êtes à nouveau de retour à Monte-Carlo pour présenter votre nouvelle série "FBI". Venir au festival est-il devenu une tradition ?

Dick Wolf : C’est une jolie tradition, oui. J’adorerais avoir une nouvelle série tous les ans (il rit). Je viens ici depuis 21 ans.


Votre série "FBI" suit le quotidien des agents du bureau de New York. Est-ce une façon de romancer la série documentaire "Inside the FBI : NY" que vous aviez produite en 2017 ?

Marc Levin, qui est un superbe réalisateur, a vraiment passé neuf mois en immersion dans le bureau de New York du FBI. Le show était excellent mais ce n'est pas ce que nous reprenons dans la série. Dans la série, vous avez une affaire par semaine, avec un début, un milieu et une fin. Comme toujours, je dirais que nous essayons de coller à l'actualité mais plutôt que de piller les gros titres, on s'intéresse aux gens à côté pour raconter ce qu'il se passe aux Etats-Unis.


Avec qui avez-vous travaillé pour préparer la série ?

Nous avons collaboré étroitement avec le FBI depuis trois ans. La série documentaire m’avait en quelque sorte été demandée par l’ancien directeur du FBI James Comey parce que sa série préférée, quand il était plus jeune, était "Sur la piste du crime" ("The F.B.I." en VO). Il a pensé que ce serait une bonne manière de recruter de nouveaux agents. Et c’était bien avant les élections donc il n’y avait pas encore eu de polémique (James Comey a été limogé avec fracas par le président américain Donald Trump en mai 2017, ndlr).

Déjà deux nouvelles séries en préparation

Les héros de "FBI", Missy Peregrym (Agent Spécial Magie Bell) et Zeeko Zahi (Agent Spécial Omar Adom), ont une connexion très forte. Quel est le secret d’un bon duo dans une série policière ?

Il faut que les deux partenaires aient des talents complémentaires. L’un ne doit pas tout savoir. Ils doivent avoir la capacité de pallier les manques de l’autre. 


Vous retrouvez Jeremy Sisto, avec qui vous aviez déjà travaillé sur "New York Police Judiciaire".  Le voici dans la peau d'un agent qui coordonne les opérations du FBI dans votre nouvelle série. Comment avez-vous été amené à collaborer à nouveau ensemble ?

J’ai tout de suite pensé à lui quand on a développé le rôle de Jubal Valentine. Quand vous avez travaillé avec succès avec quelqu’un pendant plusieurs saisons, vous voulez recommencer. Il était excellent dans "New York - Police judiciaire" et dans "Six Feet Under". C’est une des grandes stars de la télévision.

En vidéo

Festival de télévision de Monte-Carlo : 5 séries qui vont faire l'événement

"New York Unité Spéciale" entame cette année sa 21e saison, devenant la série dramatique la plus longue de l’histoire de la télévision aux Etats-Unis. Le programme est aujourd’hui plus pertinent que jamais dans notre ère post #MeToo. Etes-vous d’accord avec ce constat ?

Je dis désormais que Mariska Hargitay (Olivia Benson dans la série "New York, unité spéciale") est la mère du mouvement #MeToo. Elle a commencé à faire ce que nous faisons maintenant il y a des années. Nous avons de nombreux épisodes centrés sur des accusations de harcèlement sexuel avec des producteurs dans le milieu du show-business. L’histoire s’est répétée.


Un mot sur vos deux prochaines séries, "Law and Order : Hate crimes" et "FBI : Most Wanted" ?

Les personnages de "FBI : Most Wanted" (série dérivée de la déjà récente "FBI", ndlr) ont déjà fait une apparition dans "FBI" cette année, et la série devrait être à l’antenne aux Etats-Unis d’ici la fin de l’année. "Law and Order : Hate crimes" (série dérivée de l’univers de "New York Police Judiciaire" qui n’a pas encore de titre français, ndlr) sera probablement disponible sur une plateforme de streaming. Le langage utilisé ne peut pas être diffusé à la télévision car les crimes haineux reposent sur des discours haineux. Et si vous ne pouvez pas reproduire ces discours, il n’y a plus vraiment de sens à en faire une série. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter