Sexe, drogue et quête d'identité : "Euphoria", la série qui décrypte l'adolescence comme personne

Sexe, drogue et quête d'identité : "Euphoria", la série qui décrypte l'adolescence comme personne
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ON ADORE - Diffusée depuis le 16 juin aux Etats-Unis et en US+24 sur OCS en France, la série de HBO montre toute la noirceur du passage à l'âge adulte en n'occultant absolument rien à l'écran. Un programme à ne pas mettre en toutes les mains mais nécessaire pour appréhender une génération élevée à YouPorn et aux smartphones.

Le premier épisode nous a cueillis au vol. Parce qu'on ne savait pas franchement à quoi s'attendre. Première série adolescente de HBO, à qui l'on doit "Game of Thrones", "Sex and the City" et la plus récente "Chernobyl", "Euphoria" suit les pas vacillants d'une bande de lycéens au quotidien pas franchement rose. Pensez au mythique "Skins", mais en plus trash et plus décomplexé. On pensait que les Anglais avaient été loin. C'était sans compter sur les Américains qui profitent du statut de chaîne câblée de HBO pour pousser les limites du politiquement correct à son paroxysme.

Les Anglo-saxons utilisent le terme "graphic" - "explicite" - pour qualifier ce programme déconseillé aux moins de 16 ans par OCS, le diffuseur français en US+24. Le Parents Television Council, groupe de défense censeur, a dénoncé "une programmation extrêmement irresponsable". Certains critiques lui ont reproché d'y montrer trop de sexes d'homme face caméra dans une seule scène. Et trop de sexes tout court. "J'envie votre génération. Vous vous moquez des règles", lance Eric Dane, l'ancien Dr Glamour de "Grey's Anatomy" qui joue ici le père d'un des héros. Dès le pilote, il apparaît totalement nu dans une violente scène de sexe avec une des ados qui déconcertera les fans de la série médicale.

"Euphoria" vient bousculer les idées pré-établies qu'on se faisait des programmes pour ados pour en montrer une vérité plus crue. On suit donc la jeune Rue, 17 ans, qui revient au bercail après une overdose et un séjour en cure de désintoxication. Sauf que la tentation n'est jamais loin et qu'elle finit par passer plus de temps chez le dealer du coin qu'à tenter de rester clean. Autour d'elle, gravitent des ados tout aussi paumés qu'elle, en quête de l'amour, de reconnaissance. Ou plus difficilement d'identité. Si la prestation de Zendaya ("The Greatest Showman", "Spider-Man : Far From Home") dans le premier rôle séduit, celle d'Hunter Schafer finit de vous envoûter.

Hunter Schafer, impressionnante dans son premier rôle

La jeune actrice de 20 ans incarne avec fraîcheur et sensibilité la fantasque Jules qui, comme elle, est transgenre. Elle est d'un naturel désarmant face à la caméra. Peut-être aussi parce que l'histoire de Jules, c'est un peu la sienne. "Faire sa transition quand vous êtes à l'école publique est une expérience très intense, donc je savais que je pouvais lui apporter ma propre expérience", a raconté au New York Times celle qui avait fait les gros titres au moment de lutter contre les lois de Caroline du Nord qui exigeaient des transgenres qu'ils utilisent les toilettes correspondant à leur sexe de naissance. L'épisode 4 de cette première saison, diffusée dimanche 7 juillet aux Etats-Unis, en dévoile davantage sur le passé de ce personnage central. Du petit garçon à l'adolescente, des séjours en hôpital psychiatrique au confort des bras d'un père compréhensif. Hunter Schafer illumine d'autant plus qu'elle n'avait joué la comédie avant. La vraie star d'"Euphoria", c'est elle. Sans conteste.

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Le reste du casting est tout aussi alléchant. On saluera les performances de Sydney Sweeney ("The Handmaid's Tale") et de Jacob Elorbi (le beau gosse de la romcom Netflix "The Kissing Booth"), complètement à contre-courant des rôles proprets dans lesquels on les avait vus jusqu'à présent.  A mi-saison, on ne peut qu'être conquis par cette série produite par le rappeur Drake, qui impressionne autant sur son fond que sur sa forme. La réalisation est extrêmement soignée, un plan magnifique en chassant un autre que ce soit dans le cadrage ou dans les couleurs choisies. Quatre autres épisodes d'une cinquantaine de minutes chacun seront diffusés d'ici le 5 août. C'est - on le rappelle - à ne pas mettre entre toutes les mains mais aussi euphorisant que nécessaire pour cerner la jeunesse d'aujourd'hui.

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