Soirées cinéma, troisième coupure pub... : tout ce qui va bientôt changer à la télé

Médias

RÉFORME - Le ministre de la Culture Franck Riester a dévoilé mardi les grands axes du projet de loi audiovisuel qui sera présenté début 2020 au Parlement. Certaines mesures, comme l'instauration d'une troisième coupure pub pendant les films à la télé, seront effectives dès le 1er janvier prochain.

C’était une promesse d’Emmanuel Macron durant sa campagne. Le ministre de la Culture Franck Riester vient de lancer de nouvelles consultations au sein du secteur audiovisuel afin de mettre en œuvre une grande réforme qui sera présentée cet automne, avant un vote au Parlement en janvier 2020. Elle vise, à court terme, à permettre au secteur de s’adapter à la révolution numérique et aux nouvelles habitudes de consommation du public français.

Plus de soirées ciné dans la semaine

En matière de programmes, le projet de loi prévoit que les chaînes puissent désormais diffuser des films n’importe quel jour de la semaine. Jusqu’ici, elles en avaient l’interdiction le mercredi, le vendredi et le samedi, afin notamment de préserver les salles de cinéma. Mais devant la concurrence nouvelle de Netflix et des autres plateformes de streaming, cette règle vise à rééquilibrer l’offre de long-métrages à la télé, avec jusqu’à 244 soirées cinéma potentielles par an.

Une troisième coupure pub dans les films

Sans attendre le passage de la loi au Parlement, le gouvernement va assouplir par décret les règles qui encadrent la publicité à la télé. Dès le 1er janvier 2020, les chaînes pourront effectuer une troisième coupure publicitaire durant les fictions – films et téléfilms – qui durent plus de 90 minutes. Elles ne seront par ailleurs plus tenues de patienter 20 minutes entre deux écrans de pub, comme c'est le cas aujourd'hui.

Des publicités géolocalisées mais pas trop

Les chaînes vont également pouvoir diffuser des publicités ciblées en fonction de la géolocalisation des téléspectateurs, via les box installées dans chaque foyer. Une autorisation toutefois limitée à deux minutes par heure. Les distributeurs ne pourront pas mentionner l'adresse de leurs magasins ni communiquer sur leurs offres promotionnelles, et les volumes horaires des pubs seront limités, afin de préserver les recettes des médias locaux, journaux et radios notamment.

Des pubs pour les films de cinéma à la télé

Comme c’est le cas aux Etats-Unis depuis de nombreuses années, la télévision devrait enfin avoir le droit de faire de la publicité pour les films qui sortent dans les salles de cinéma. C'était une demande de longue date des distributeurs de films. Afin de ne pas être dévorés par les blockbusters américains et les productions française à gros budget, des quotas de films européens d’art et essai seront institués.

Les plateformes devront financer la création française

Les plateformes de streaming payant devraient elles s’engager auprès du CSA à consacrer un pourcentage de leur chiffre d’affaires à la création française et européenne, comme y sont jusqu’ici tenue les chaînes de télé "classiques". Des négociations doivent s’ouvrir avec les dirigeants de Netflix et Amazon Prime Vidéo notamment. En cas d’échec, un taux de 16% de leurs recettes sera appliqué. En échange de leur accord, le gouvernement reverrait la chronologie des médias afin de leur permettre de proposer plus vite les films récents à leurs abonnés.

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Un nouveau CSA pour réguler les contenus en ligne

Enfin, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui n’avait jusqu’ici pas la main sur les programmes diffusés sur Internet, va fusionner à terme avec la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), créée il y a 10 ans. La nouvelle structure disposera d'un vaste éventail de nouveaux pouvoirs, en partie hérités d'une directive européenne, notamment pour réguler les plateformes en ligne, lutter contre les contenus haineux sur les réseaux et améliorer la lutte contre le piratage.

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