"Une observation, ça n'appartient à personne" : Gad Elmaleh répond aux accusations de plagiat

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RIPOSTE - Dans une interview accordée à Nikos Aliagas, diffusée ce mardi matin sur Europe 1, Gad Elmaleh a répondu aux accusations de plagiat dont il fait l’objet. Pour l’humoriste, on confond copier et s’inspirer…

Gad Elmaleh sort du silence. Accusé de plagiat par le Youtubeur CopyComics dans deux montages vidéos édifiants, l’humoriste ne s’était jusqu’ici exprimé que par l’intermédiaire de "Chouchou", son personnage culte qu’il avait ressuscité le temps d’une courte vidéo postée sur Twitter… pour critiquer la violence des réseaux sociaux.


Ce mardi, c’est avec ses mots à lui qu’il répondu à la polémique, dans une interview accordée à Nikos Aliagas diffusée durant la matinale d’Europe 1. Après avoir évoqué avec son invité sa série humoristique "Huge", disponible à partir de vendredi sur Netflix, l’animateur a abordé le sujet qui fâche au détour d’une question sur ses sources d’inspiration.

Mon métier d’humoriste, il ne se résume pas à une liste de blagues. Ce que je propose c’est un regard, c’est une vision du monde. C’est un univers !Gad Elmaleh

"J’ai commencé ma carrière en 1995 avec un sketch qui s’appelait 'La Chèvre de Monsieur Seguin'", a rappelé Gad Elmaleh à propos de la nouvelle d’Alphonse Daudet.  "C’était mon regard. S’inspirer de quelqu’un, ce n’est pas prendre un mot, reprendre une phrase. S’inspirer de quelqu’un, c’est beaucoup plus profond que ça. (…) Mon métier d’humoriste, il ne se résume pas à une liste de blagues. Ce que je propose c’est un regard, c’est une vision du monde. C’est un univers."


Qu’on l’accuse de plagiat ? "C’est normal", réagit l'humoriste. "Parce que tu veux voler haut, loin, vite. Il y a des turbulences. Comme dirait ma mère ‘Tu veux quoi ? Tu veux faire le tour du monde ? Tu veux aller chez Jimmy Fallon ? Tu veux jouer en France ? Tu veux retourner au Maroc ? Et tu veux qu’on te dise bravo et qu’on te laisse tranquille ?'".

Gad Elmaleh explique ensuite avoir discuté de leur façon d’écrire des blagues avec un ami humoriste, sans le citer : "Est-ce que vous avez déjà mis un truc dans le micro-ondes ? Vous l’avez fait chauffer. Au bout de quatre minutes, vous le ressortez, le plat est brûlant et l’intérieur est froid.  Ce n’est pas une invention (…) ça c’est un point de départ pour écrire un sketch. (…) C’est une observation, ça n’appartient à personne. Après, libre à toi de dire ce que tu veux là-dessus."


Autre exemple : "Si demain je commence un sketch en disant ‘vous savez qu’à Paris, quelqu’un a décidé qu’un jour les vélos iraient dans le sens inverse des bagnoles', faut qu’on en parle. Tout ça appartient à tout le monde. Un mec bourré qui titube, ça t’appartient pas, ça m’appartient pas. Sinon un mec déposerait la vie : personne ne parlerait plus d’amour, de sexualité, d’être bourré, de voyager."

En fin d’interview, Nikos Aliagas demande à Gad Elmaleh si cette façon de travailler "c’est quelque chose que les humoristes entre eux toléraient, savaient ?". Réponse de son invité : "Oui, et c’est en train de changer. Mais c’est normal. Je pense qu’il faut l’accompagner. Il ne faut pas se battre contre. Il faut continuer à bosser, il faut continuer à écrire. Il faut continuer à imaginer et il faut continuer à se moquer de ça aussi." Un petit début de mea culpa ?


En revanche, Gad Elmaleh ne dit pas un mot de l’action intentée par ses avocats auprès de la direction de Twitter en France pour faire retirer les messages de CopyComics reprenant les montages vidéo qui accusent leur client. Supprimés quelques jours, fin février, ils avaient finalement été republiés sur le réseau.

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