30 ans après, le tueur en série du film "Memories of Murder" aurait été identifié

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REBONDISSEMENT - En 2003, le réalisateur Bong Joon-ho, Palme d'or au dernier festival de Cannes, avait signé "Memories of Murder", un film inspiré de véritables crimes commis entre 1986 et 1991, et dont le meurtrier n'avait alors jamais été identifié. Grâce à l'analyse ADN, le mystère semble enfin résolu.

Il y a déjà plus de quinze ans, "Memories of Murder" sortait dans les salles de cinéma. Pour son second long-métrage, le réalisateur Bong Joon-ho, âgé de 35 ans à l'époque, avait choisi de s'inspirer de faits réels survenus dans les années 80. Le film débute avec la découverte dans la province de Gyunggi, en Corée du Sud, du corps d'une jeune femme violée puis assassinée. 

Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu avec le même mode opératoire : les soirs de pluies, un homme s’attaque aux femmes seules, vêtues de rouge, en demandant à une radio locale de diffuser toujours la même chanson quelques heures auparavant. Comme dans "Zodiac", de David Fincher, avec lequel le film a largement été comparé, la police est dépassée par les événements et n'arrive pas à résoudre l'enquête. 

Dans la réalité, le meurtrier recherché s'est attaqué à dix femmes, de 13 à 71 ans, de 1986 à 1991, dans les villages de Hwaseong au sud de Séoul. Il ligotait  ses victimes et les étranglait avec leurs affaires comme leurs bas ou leurs chaussettes. À l'époque, il s'agit du premier tueur en série de toute l'histoire du pays. Plus de 2 millions de policiers sont mobilisés, 40.000 empreintes sont vérifiées, des milliers d'interrogatoires sont organisés, mais l'enquête ne donne rien. L'affaire reste alors dans les annales comme le plus grand échec de la police coréenne. 

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Trente plus tard, le mystère semble enfin résolu. Selon l'agence de presse Yonhap, la police a annoncé mercredi qu'un homme de 56 ans, actuellement en prison, est soupçonné d'être impliqué dans au moins trois des dix meurtres de femmes qui ont été violées et brutalement assassinées à Hwaseong. L'individu a été confondu grâce à l'analyse ADN. 

En juillet, une équipe chargée des enquêtes sur les cas non résolus de l'Agence de police provinciale de Gyeonggi Nambu a envoyé certaines preuves au Service national de médecine légale et a demandé des analyses. Les résultats ont montré que l'ADN recueilli dans un des sous-vêtements de la neuvième victime correspondait à cet homme, avant que cela ne "matche" également pour deux autres meurtres de l'affaire. La police souligne que des investigations supplémentaires sont nécessaires pour confirmer la responsabilité du suspect dans les autres crimes. 

Un suspect qui ne sera jamais poursuivi ?

Si ce suspect est actuellement en prison après avoir été condamné à la prison à perpétuité en 1994 pour avoir violé et tué la sœur de sa femme, il ne sera pas poursuivi pour les crimes de Hwaseong. En effet, depuis avril 2006, le délai de prescription a pris fin dans cette affaire. En Corée du Sud, à l'époque, la prescription était de 15 ans pour ce type de crime. Une prescription qui a été rallongée de 25 ans en 2017 et finalement levée en 2015, sans être rétroactive.

Reste à savoir si Bong Joon-ho, Palme d'or cette année avec son film "Parasite", se servira de ces nouveaux éléments pour créer une suite à "Memories of Murder", le thriller qui l'a révélé sur la scène internationale. 

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