Affaire Neymar : Schiappa accuse Riolo et Rothen de contribuer à la culture du viol après leurs propos dégradants dans "l"After foot"

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SEXISME - La secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes est intervenue, dimanche 9 juin, sur RMC Sport, après la démonstration de sexisme de l'éditorialiste et de l'ancien joueur, évoquant le physique de la mannequin qui accuse Neymar de viol. Elle les a notamment accusés de contribuer à la culture du viol.

Réprimande en direct. Quelques heures après avoir indiqué saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) après que des propos polémiques ont été tenus dans l’émission l’After Foot, sur RMC, Marlène Schiappa était invitée en direct ce dimanche 5 mai. La secrétaire d'Etat chargée à l'Egalité entre les femmes et les gommes en a profité pour faire de la pédagogie auprès de Daniel Riolo et Jérôme Rothen. L'éditorialiste et le retraité des terrains, reconverti chroniquer, s'étaient livrés, jeudi 7 juin, à un échange qui s'inscrit dans la "culture du viol", a souligné la médiatique ministre. En l'occurrence, se livrer à des commentaires qui minimisent, par l'ironie ou la défiance, les violences faites aux femmes. 

"C'était juste mauvais"

Jeudi 7 juin, alors qu'ils s'épanchaient sur l'accusation de viol qui vise Neymar, les deux hommes ont alors pensé bon de commenter le physique de Najila Trindade, la jeune femme brésilienne qui accuse la star du foot de viol. Sur le plateau, ils la classent tour à tour en "deuxième division", la comparent à "une Ligue 2" alors qu’ils s’attendaient à "un avion de chasse", "une Ligue des champions". Des propos dégradants, qui ramènent la plaignante à son seul physique, que le présentateur Nicolas Vilas tente à plusieurs reprises de faire cesser. "C’est très con", lance l’animateur. "Mais vous êtes tarés les mecs", tente-t-il à nouveau. Mais rien n’y fait, les deux hommes sont en roue libre. "On peut faire un débat parallèle ?" s'emporte même l’éditorialiste. Le soir, un internaute tente à son tour de faire comprendre le caractère misogyne de la conversation. Mais Daniel Riolo, buté, et rétorque : "Quelqu'un t’oblige à écouter idiot ?? Au lieu de chouiner va regarder un film". 

C’était sans compter sur la controverse que provoque rapidement le passage sur les réseaux sociaux. La séquence est d’abord reprise par un compte anonyme suivie par plus de 57.000 personnes, qui décrit le plateau de RMC Sport comme un "bistrot à poivrots cathodiques". Outre le machisme des invités, c’est le caractère "dangereux" des propos qui est pointé du doigt. "Vos propos légitiment le fait qu’il existerait les 'bonnes victimes de viol' et 'les mauvaises'. Ce n’est pas seulement mauvais, c’est dangereux", tweete ainsi le collectif Nous Toutes. Une levée de boucliers qui a poussé Daniel Riolo et Jérôme Rothen à esquisser un mea culpa sur Twitter. "Je tiens à présenter mes excuses", écrit de son côté l'ancien footballeur, décrivant des propos qui ne sont pas "acceptables". "Je regrette de ne pas en avoir pris conscience sur le moment." 45 minutes plus tard, il est suivi par son collègue, qui s’excuse à son tour. " Évidemment on n’imaginait pas choquer et évidemment il n’y avait aucun mauvais sous-entendu. C’était juste mauvais."

"Cela contribue à la culture du viol"

Le soir même, sur le plateau de RMC Sport, ce dernier réitère ses excuses en évoquant un "dérapage", une "blague déplacée". Mais la secrétaire d’Etat chargée de Egalité entre les femmes et les hommes ne l’entend pas de cette oreille. Invitée à réagir par téléphone, elle salue les excuses mais se dit "choquée" par une séquence qui "contribue à la culture du viol". "C’est un concept qui relève de tout ce qui tend à minimiser, excuser, plaisanter, voir promouvoir une forme de légèreté autour des agressions sexuelles, du harcèlement sexuel et du viol", explique-t-elle à une audience habituée à ce type de propos. Et d’appuyer son argument en expliquant comment, pour les femmes qui écoutent l’émission, ce type de "mauvaise blague" peut dissuader celles qui voudraient porter plainte. Et la secrétaire d'Etat de se mettre à la place d'une plaignante potentielle : "Bah mince, moi aussi si je porte plainte, peut être qu’on va me dire 'ce n'est pas possible, tu n'as pas pu être violée, parce que tu es trop moche ou parce que tu es trop grosse..."

Une remontrance en direct sur le plateau de RMC qui ne semble pas porter ses fruits. En conclusion de la séquence, Daniel Riolo ne montre pas qu'il a intégré les remontrances de son invitée. Et répète qu’il n’avait "aucune intention d’entrer dans le cadre" de la culture du viol. 

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