VIDÉO – Delphine Horvilleur : "Quand on dit rabbine, beaucoup de gens pensent que c’est la femme du rabbin !"

VIDÉO – Delphine Horvilleur : "Quand on dit rabbine, beaucoup de gens pensent que c’est la femme du rabbin !"

INTERVIEW - Membre du jury du 46e Festival du cinéma américain de Deauville, Delphine Horvilleur, ancienne journaliste devenue l’une de rares femmes rabbins en France, se confie dans l’interview "Ma drôle de vie" de LCI.fr.

C’est à Deauville, où elle fait partie du jury du 46e Festival du cinéma américain, que LCI.fr est allé à la rencontre de Delphine Horvilleur, l’une des quatre femmes à occuper la fonction de rabbin en France. Ancienne journaliste sur France 2, elle fait partie de ces femmes qui bousculent les codes de la société et de la communauté religieuse en particulier. 

"Quand on dit rabbine, beaucoup de gens pensent que c’est la femme du rabbin", sourit-elle. "C’est un métier qui est encore peu féminin et moi je crois que c’est extrêmement important d’être capable d’abattre les parois qui séparent nos murs."

Directrice de la revue de pensée juive Tenou’a et auteure de plusieurs livres, Delphine Horvilleur est aussi l’aise dans une synagogue que sur les plateaux de télévision, les pages des magazines féminins qui l’adorent que les réseaux sociaux où elle n’hésite pas à réagir à l’actualité.  

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"Les pensées religieuses sont souvent des systèmes qui ont du mal à permettre au féminin d’être hors d’un territoire qui lui est imparti. Dans le monde plus traditionnaliste, on s’imagine souvent que la places des femmes, c’est la zone de l’intériorité, la zone domestique, le foyer, la maternité", observe Delphine Horvilleur. "Dès qu’on fait de la place à leur corps, à leur expertise, leur érudition, il y a des gens que ça dérange". 

C’est avec un plaisir non dissimulé qu’elle a accepté de rejoindre le jury du Festival de Deauville, présidé cette année par Vanessa Paradis. Et si le cinéma était, à sa manière, une forme de religion ? "Il y a en commun des rites, des codes. Comme la religion, le cinéma sert à créer des liens entre des gens, des lieux, des époques", admet-elle.  

"Durant le confinement on s’est tous rendu compte à quel point nous avions besoin d’histoires. Des histoires qui peuvent s’être déroulées il y a très longtemps. Mais qui entrent en résonance avec ce que l’on vit aujourd’hui", observe Delphine Horvilleur. "Et si le propre de l'homme, avec toute notre vulnérabilité, notre fragilité sanitaire, tenait dans notre capacité à nous raconter des histoires qui jouent un rôle sacré dans nos vies ?"

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