VIDÉO – En aparté avec Olivier Marchal : "Mon film est violent parce que la société est violente"

VIDÉO – En aparté avec Olivier Marchal : "Mon film est violent parce que la société est violente"
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INTERVIEW – Il continue à explorer le monde de la police. Alors que "Bronx", son dernier long-métrage sort sur Netflix, Olivier Marchal s'est prêté à notre interview En aparté. Garanti sans langue de bois.

C'est un réalisateur entier, engagé. Alors que le sujet des violences policières est plus brûlant que jamais, Netflix diffuse ce vendredi Bronx, le nouveau polar d'Olivier Marchal. Ex-flic devenu réalisateur, il propose un film sombre et violent qui suit un groupe de flics de la brigade anti-gang marseillaise pris dans une guerre sanglante entre deux clans rivaux. "Mon film est violent parce que la société est violente. Pourquoi les flics seraient-ils différents ?", demande le réalisateur qui en a assez des amalgames dont sont victimes les policiers. 

"J'ai une détestation pour ce milieu de pseudo artistes qui se permettent de juger les gens qui vont au combat. Dès qu'ils n'ont plus peur, ils recommencent à chier sur les flics", balance Olivier Marchal qui en a assez des attaques constantes à l'égard des forces de l'ordre. "Ce n'est pas un film qui excuse, mais quand je fais un film sur les flics, j'essaie de les comprendre", poursuit le réalisateur n'a de cesse de se battre contre ses propres démons. "Je ne suis pas un homme violent mais cette violence je l'ai en moi. C'est pour cela que je fais très attention, je suis toujours dans le contrôle. Être un mec bien c'est très compliqué". 

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Il y a les flics qui entrent au Bataclan et ceux qui tuent George Floyd. Entre les deux il n'y a que des mecs biens- Olivier Marchal

C'est justement cette violence qui l'a poussé à quitter la police en 1994, 14 ans après l'avoir intégrée. "Quand, à un moment de votre vie, vous avez des problèmes d'argent, que votre femme vous quitte pour votre meilleur ami, que vous bossez 80 heures par semaine et qu'on vous traite comme un chien, si un mec arrive et vous traite de 'fils de pute', c'est normal de pouvoir déraper. C'est ce qui m'est arrivé. J'ai quitté les flics parce que je ne voulais pas être cette personne que les autres, qui sont parfois pires que nous, rendent barbares", admet-il. 

Le problème, d'après lui, c'est que les policiers aujourd'hui ont perdu la fierté de faire leur métier. Et quand on lui parle des flics corrompus ou pourris, il ne botte pas en touche. "Il y a les flics qui entrent au Bataclan et ceux qui tuent George Floyd. Entre les deux il n'y a que des mecs biens", estime Marchal pour qui les policiers américains responsables de cette bavure sont des "crevures". "Les mecs qui ont assisté à l'étranglement sont aussi coupables que celui qui l'a fait. Je vous assure que si c'était arrivé dans notre groupe, on aurait arraché le mec pour lui dire de se calmer et d'aller se faire soigner".

Je fais le plus beau métier du monde dans le pire des milieux qui existe. Je reste quelqu'un de très complexé- Olivier Marchal

Bien qu'il soit "un éternel désabusé", comme il se décrit, Olivier Marchal semble avoir trouvé un équilibre relatif grâce au cinéma. "Je fais le plus beau métier du monde dans le pire des milieux qui existe. Je reste quelqu'un de très complexé. J'en avais parlé avec Gérard Depardieu qui m'avait dit : 'La merde que tu as collée à tes chaussures, tu la porteras toute ta vie. Ils te feront toujours sentir que tu ne fais pas partie de la cour'", poursuit Olivier Marchal qui préfère se concentrer sur le bon rapport qu'il entretient avec le public. "Les gens savent que je leur ressemble malgré mes défauts. Je dis des conneries comme tout le monde, je pousse des coups de gueule à la con, parfois je prends parti alors qu'il ne faudrait pas. Il faudrait que je sois plus discret, mais c'est comme ça, ça s'appelle vivre. Moi je ne fais jamais semblant".

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