VIDÉO - Hommage à Samuel Paty : pourquoi la lecture de la lettre de Camus est nécessaire

VIDÉO - Hommage à Samuel Paty : pourquoi la lecture de la lettre de Camus est nécessaire

EXPLICATIONS - Cette lettre d'Albert Camus à son instituteur, partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux, va être lue ce mercredi lors de la cérémonie d'hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi dernier. Mais d'où vient-elle ? Quelle est son histoire ? Retour sur une missive qui trouve une forte résonance avec l'actualité.

Vous avez peut-être vu passer cette lettre, partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Ce mercredi, elle va être lue par un élève au cours de la cérémonie à la Sorbonne en hommage à Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie assassiné vendredi à proximité du collège où il enseignait, à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines). Et pour cause : ce texte, rédigé par Albert Camus en 1957 après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature, est l'un des plus bels hommages qu'il existe envers le corps professoral (VOIR NOTRE VIDÉO CI-DESSUS)

Car c'est grâce à son premier instituteur, Louis Germain, qu'Albert Camus, qui a grandi dans une famille très démunie, a pu continuer ses études à Alger. "Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé", explique ainsi l'écrivain, qui grâce à son enseignant a pu bénéficier d'une bourse pour poursuivre sa scolarité. 

Si cette lettre est aujourd’hui tant partagée, c’est qu’elle est toujours autant d’actualité, rappelant le rôle capital d’un enseignant dans l’avenir d’un enfant, alors même que cette profession n’a jamais été autant malmenée...

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"Je veux te dire le mal que j’éprouve en tant qu’instituteur laïc"

Ce qu'on sait moins, c'est que Monsieur Germain a répondu à Albert Camus quelques années plus tard. Dans sa missive, il exprime son amour pour son métier mais fait part de ses inquiétudes quant à l'avenir de l'école laïque. A l'époque en effet, le catholicisme tentait se s'immiscer sur les bancs de l'école, comme en témoignent ses propos : "Je veux te dire le mal que j’éprouve en tant qu’instituteur laïc, devant les projets menaçants ourdis contre notre école (...). Lorsqu’il était question de Dieu (c’est dans le programme), je disais que certains y croyaient, d’autres non. Et que dans la plénitude de ses droits, chacun faisait ce qu’il voulait. De même, pour le chapitre des religions, je me bornais à indiquer celles qui existaient, auxquelles appartenaient ceux à qui cela plaisait. Pour être vrai, j’ajoutais qu’il y avait des personnes ne pratiquant aucune religion. Je sais bien que cela ne plaît pas à ceux qui voudraient faire des instituteurs des commis voyageurs en religion et, pour être plus précis, en religion catholique". 

Outre cette correspondance, Albert Camus rendra également hommage à son enseignant dans "Le Premier homme", un roman autobiographique inachevé sorti en 1994, alors que l'écrivain est décédé en 1960 dans un accident de la route. Au fil des pages, l'auteur, qui raconte son enfance de pied-noir algérien, fait part de son admiration pour son instituteur, rebaptisé pour l'occasion... "Monsieur Bernard". 

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