Flavie Flament revient sur M6 : "Aujourd’hui, je ne joue plus de rôle"

Médias

INTERVIEW – Samedi 9 novembre, M6 lance "L'Atelier", une nouvelle émission présentée par Flavie Flament. L'animatrice, qui fait son retour à la télévision, propose à des anonymes de restaurer des objets qui leur sont chers.

Près de dix ans après avoir déserté les plateaux télé pour se ressourcer à la radio, Flavie Flament fait son grand retour sur le petit écran avec "L'Atelier", la nouvelle émission de M6. Diffusée tous les samedis à 17h35 à partir du 9 novembre, ce programme, adapté de l’émission britannique "The Repair Shop", propose à des anonymes de donner une seconde vie à des objets chargés d'histoire. Pour les aider, ils peuvent compter sur le travail d'artisans qui useront de leur savoir-faire pour prolonger la vie de ces objets précieux à leur yeux. 

Si elle refusait systématiquement tous les projets qu'on lui proposait jusqu'ici, Flavie Flament n'a pas hésité une seconde quand M6 l'a contactée. "La proposition qui m'a été faite était irrésistible et elle correspondait en tous points à ce que je pouvais imaginer - je ne vais pas dire 'attendre', car je n'attendais rien", nous explique l'animatrice, qui revient sur la chaîne où elle a fait ses débuts à l'âge de 15 ans (c'était dans "Boulevard des clips", aux côtés de Laurent Boyer). 

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"L'Atelier, comme son nom ne l'indique pas, est une émission de témoignages et de partage. C'est une émission qui n'existe nulle part ailleurs, c'est vraiment un nouveau genre de télévision. Pour moi, c'est magique", poursuit l'animatrice, qui s'est surprise par la rapidité de sa réponse. "J'ai dit oui tout de suite. C'est comme pour une rencontre amoureuse : c'est plus fort que vous. Les choses se sont écrites presque malgré moi et pour mon plus grand plaisir. Et puis aujourd'hui, je suis complètement disponible pour vivre ça". 

"L'Atelier" se veut être beaucoup plus qu'une simple émission sur les objets. "En restaurant un objet, on restaure un passé. Ça a été démontré à chaque histoire, à chaque rencontre. Tous ceux qui sont entrés à l'atelier n'en sont pas ressortis identiques. Cette émission télé est véritablement une expérience humaine", poursuit l'autrice de "La Consolation", qui garde précieusement dans son portefeuille une plume que lui a offert un de ses deux fils. 

J'ai aussi gagné ma liberté en écrivant des livres et en menant des combats personnels- Flavie Flament

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Quand on lui demande si son rapport à l'image a changé en dix ans, elle sourit. "L'image que je renvoyais m'a pesée car elle n'était pas cohérente avec ce que j'étais. Mais depuis neuf ans, ça a changé : je ne joue plus de rôle. Je me suis affranchie des injonctions de ce métier et j'ai gagné ma liberté grâce à la radio. C'est un média de vérité, une voix ça ne trompe pas. Et j'ai aussi gagné ma liberté en écrivant des livres et en menant des combats personnels". 

Depuis son départ de TF1 en novembre 2009, Flavie Flament a parcouru un bon bout de chemin. Désormais à la tête de deux émissions sur RTL ("On est faits pour s'entendre", depuis 2011, et "Nous voilà bien !", lancée en 2018), elle a publié un roman sur la violence conjugale ("Les Chardons", en 2011), un livre pour enfants ("Lulu la Mouette", 2015). Mais surtout, un ouvrage autobiographique qui a fait beaucoup de bruit puisqu'elle y révèle avoir été violée à l'âge de 13 ans par le célèbre photographe David Hamilton ("La Consolation", 2016). 

"Quand 'La Consolation' est sorti en 2016, personne ne parlait des violences sexuelles faites aux enfants. J'avais le sentiment d'avoir une grenade dégoupillée entre les mains que j'allais jeter à la face du monde. Et ça a mis un énorme coup de projecteur sur les violences sexuelles faites aux mineurs de moins de 15 ans, comme on dit. L'affaire Weintstein et #Metoo, qui ont contribué au mouvement de la libération de la parole, sont arrivés un an après", rappelle Flavie Flament, qui a coprésidé une mission ministérielle sur le rallongement des délais de prescription. "La loi est passée le 3 août 2018. Aujourd'hui, une victime de viol quand elle était mineure peut porter plainte jusqu'à l'âge de 48 ans. Moi je n'ai pas pu le faire, mais si ça peut bénéficier à d'autres, c'est formidable."

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