VIDÉO - Quotidien : Riss revient avec émotion sur les "une minute et quarante-neuf secondes" de l'attentat de Charlie Hebdo

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POIGNANT - Le dessinateur Riss est revenu, mercredi soir dans l'émission "Quotidien", sur l’attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Il raconte son 7 janvier 2015 dans un livre publié aux éditions Actes sud, "Une minute quarante-neuf secondes".

"Pour ne pas oublier". Rescapé de la tuerie de Charlie Hebdo en janvier 2015, Riss est venu présenté mercredi soir dans l'émission "Quotidien" son livre dans lequel il revient sur ce dramatique événement. Le dessinateur, aujourd'hui directeur de l'hebdomadaire satirique, a pensé que l’horreur avait duré  "4-5 minutes", mais c’est précisément en "une minute et quarante-neuf secondes" que deux frères terroristes ont semé la terreur et la mort dans les locaux du journal, y faisant 11 victimes avant d'abattre un policier dans leur fuite. Un laps de temps "fulgurant" dont il a fait le titre de son livre.

"Il a fallu du temps avant d’être sûr et certain qu’il n’y avait plus personne autour de soi", s'est rappelé face à Yann Barthès celui qui sur le moment est resté sans bouger, sans savoir combien d'assaillants étaient présents. "Il fallait attendre un indice, un bruit rassurant" pour savoir si "l’attaque proprement dite était finie", s'est-il souvenu, ému. 

"Quand on a ces images là en tête, après on ne peut plus s’en débarrasser"- Riss, mercredi soir dans "Quotidien"

Comment continuer à vivre normalement quand ses yeux ont vu la mort de près ?  C'est un œil de cheval en gros plan que Riss  a choisi pour illustrer la couverture de son livre. La photographie est issue d'un tableau de Géricault, que le dessinateur affectionne depuis l'enfance. Un clin d’œil artistique qui n'a rien d'anodin. "C’est un œil qui a vu ce qu’il n’aurait jamais dû voir (...) Un œil traversé par la folie", a-t-il expliqué sur le plateau du talk-show de TMC, évoquant sa propre peur de sombrer "parfois" dans la folie : "Quand on a ces images là en tête, après on ne peut plus s’en débarrasser". Seul son travail intense à la rédaction lui permet de penser à autre chose.

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Au cours de l'entretien, Yann Barthès a demandé à Riss de lire un passage particulièrement fort de son livre. "Je n'ai jamais lu à haute voix ce que j'ai écrit"", a répondu le dessinateur. L'animateur l'a donc fait lui-même :"Les gens vivants ne savent pas qu’ils sont vivants. Ils bougent. Ils marchent. Ils mangent. Ils pètent. (...). Ils baisent. Ils font pipi. (...) Ils rient. Ils jouissent de tout ce que la vie leur donne. Ils ne se rendent pas compte. Ils vivent comme des bêtes inconscientes de leur existence. Quand la mort s'approche d'eux, ils se réveillent. Trop tard." Un rappel à la vie nécessaire pour ce survivant qui dit se réveiller tous les matins en pensant devoir mériter chaque jour de plus.

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