"On a payé son loyer et ses charges jusqu'à au moins ses 30 ans" : accusé de maltraitances, le père de Yann Moix se défend

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POLÉMIQUE - Dans "Orléans", son nouveau livre, Yann Moix raconte les violences physiques et verbales que lui auraient fait subir ses parents lorsqu’il était enfant. L’écrivain s’est confié aux caméras de "Sept à Huit", samedi dernier sur TF1, tandis que son père démentait ses accusations.

Orléans, c’est la ville où Yann Moix a grandi. C’est désormais le titre d’un nouveau roman, à paraître le 21 août chez Grasset, dans lequel l’écrivain revient sur son enfance, réitérant les accusations de maltraitances et d’humiliations répétées qu’il portait déjà à l’encontre de ses parents en 2006 dans "Panthéon". Et dans plusieurs émissions de télévision ces dernières années. A quelques jours de la parution, il a accepté d’évoquer cette période trouble dans le magazine "Sept à Huit", diffusé samedi 17 août sur TF1.

"Le fait de faire tomber un yaourt par terre pouvait me faire passer une nuit dehors", raconte Yann Moix, 51 ans, évoquant d’abord la violence de son père kinésithérapeute à son encontre. "Ce que j’ai le plus reçu, ce sont des coups de rallonges électriques. J’étais en pyjama en général lorsque je les recevais. Au moment où vous recevez le coup, vous ne ressentez strictement rien. Rien du tout. Pendant deux secondes. Et ensuite il y a comme une sorte de fraîcheur intense. Comme si vous étiez recouvert de menthe. Et ensuite ça brûle. Ça brûle très longtemps. Ça reste."

Tout le monde était dans le déni le plus total. Vous allez à la piscine le dos lacéré et personne ne dit rien- Yann Moix dans "Sept à Huit"

Sa mère secrétaire l’aurait quant à elle blessé autrement : "Elle me poursuivait dans la cuisine avec des couteaux de boucher. Elle disait : 'je vais te tuer, mon plus beau jour sera quand je serai devant ta tombe' (…) Mon père a dû subir des violences qu’il a répétées. Ma mère non. Elle était comme une collabo. Elle informait régulièrement la Kommandantur des exactions que je pouvais commettre. Et comme c’était toujours très amplifié au téléphone (…) quand j’entendais les phares de la voiture clignoter derrière les volets, j’attendais d’être débarrassé de l’obligatoire correction que j’allais recevoir."

Plus loin dans l'interview, Yann Moix décrit avec émotion "des raclées sans la moindre raison au petit-déjeuner, à coups de pieds et à coups de poings", des punitions scatologiques, son père le barbouillant avec ses sous vêtements souillés... ou déposant ses excréments dans son assiette lorsqu'il recevait une petite amie. Il dénonce également un entourage muré dans le silence pendant toutes ces années. "Tout le monde était dans le déni le plus total. Vous allez à la piscine le dos lacéré et personne ne dit rien."

A entendre Yann Moix, aucune réconciliation ne semble possible. "Je considère qu’ils n’existent plus", lâche-t-il sèchement au sujet de ses parents, avec lesquels il n'a plus aucun contact depuis plusieurs années. Contacté par l’équipe de "Sept à huit", le père de Yann Moix a contesté les faits qui lui sont reprochés "même si l’il reconnaît certaines corrections musclées", précise la journaliste Stéphanie Davoigneau.

S'il avait vraiment été un enfant battu, qu'on ne l'avait jamais aimé sa mère et moi, croyez-vous qu'on lui aurait payé ses études jusqu'à Sciences Po ?- José Moix, dans "La République du Centre"

Dans un entretien accordé à La République du Centre, paru samedi avant la diffusion de l’interview du romancier, José Moix se faisait plus catégorique. "Je tiens à dire que notre fils n'a jamais été battu (…) Tout ce qui est relaté dans Orléans n’est que pure affabulation", affirmait-il. "La notion d'enfant battu a évolué entre les années 1970-80 et aujourd'hui", reconnaissait-il toutefois. "De nos jours, une simple tape sur les fesses d'un enfant est très mal perçue. Peut-être même risque-t-on gros." 

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Le père de l’écrivain évoquait ainsi "cette fois où Yann a tenté de défenestrer son frère du premier étage. Ce jour-là, oui, il a eu la correction qu'il méritait, comme le jour où il a mis la tête d'Alexandre (son frère : NDLR) dans les WC et a tiré la chasse d'eau. Je ne le nie pas, il a alors ramassé une bonne paire de claques. Mais il était un ado dur. Et peut-être qu'au fond, si j'avais été moins sévère, il n'en serait pas là où il est aujourd'hui, vu ses fréquentations de l'époque."

José Moix met clairement en doute les propos de son fils. Et lui adresse une petite pique : "S'il avait vraiment été un enfant battu, qu'on ne l'avait jamais aimé sa mère et moi, croyez-vous qu'on lui aurait payé ses études jusqu'à Sciences Po ? Car Yann a un peu joué les Tanguy, vous savez... On a acheté un appartement à Paris pour qu'il loge le temps de ses études, on a payé son loyer et ses charges jusqu'à au moins ses 30 ans."

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Lui aussi a été accusé d'avoir pris des libertés avec la réalité. L'écrivain américain James Frey est l'invité du podcast littéraire Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux à l'occasion de la sortie en France de "Katrina", son nouveau roman (Flammarion). Pour écouter son entretien en intégralité, c'est par ici : 

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