VIDÉO - Vente d'armes de la France : la journaliste de Quotidien Valentine Oberti révèle avoir été convoquée par la DGSI

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CONVOCATIONS – La liste des journalistes interrogés par la Direction de la sécurité intérieure s’allonge. Valentine Oberti, journaliste à "Quotidien", révèle avoir elle aussi été entendue, pour avoir enquêté sur les armes vendues par la France à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Alors que Le Monde dévoilait mercredi 22 mai la convocation par la DGSI de sa journaliste Ariane Chemin, à l'origine de l’affaire Benalla, la journaliste de "Quotidien" Valentine Oberti a annoncé avoir elle-aussi été convoquée par la Direction générale de la sécurité intérieure.


C’était il y a trois mois, le 15 février, pour une autre affaire. "Je travaillais sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis", a-t-elle expliqué. Avec une question derrière cette enquête : les armes françaises sont-elles utilisées dans la guerre au Yémen contre des civils ?

"Intimidation"

Pour ce travail, la journaliste a échangé avec des sources, qui lui ont donné "des infos sensibles", auxquelles elle a voulu confronter la ministre des Armées Florence Parly. Mais celle-ci "a esquivé nos questions et ses services ont préféré enclencher immédiatement une procédure judiciaire qu’on pourrait qualifier d’intimidation", a poursuivi Valentine Oberti, qui s’est donc retrouvée face à la DGSI, en audition libre avec son avocate. L’audition a duré moins d’une heure, la journaliste refusant de répondre aux deux personnes qui l’interrogeaient pour protéger ses sources. Après elle, l'ingénieur du son et la JRI (journaliste reporter d’images) qui l'accompagnaient ont également été convoqués.

Au total en quelques mois, huit journalistes ont été convoqués par la DGSI, pour s’expliquer sur l’affaire Benalla ou les ventes d’armes françaises. Toujours ce 22 mai, c’est Michel Despratx, journaliste de Disclose, qui a reçu une convocation, après deux de ses collègues et un journaliste de franceinfo, entendus pour leur enquête sur l’utilisation des armes françaises au Yémen. Une convocation comme "simple témoin", ce qui ne l’autorise pas à être assisté d'un avocat, ni à garder le silence pour sa défense.

"Trop c’est trop", a réagi le SNJ-CGT, qui appelle la profession à manifester le 29 mai contre "la multiplication de procédures, intimidations, agressions contre les journalistes".  La CFDT-Journalistes dénonce de son côté "une procédure dont le but inavoué est de faire taire les journalistes dans l'exercice de leur mission d'informer".

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