Le PSG a-t-il vraiment besoin de recruter durant ce mercato ?

Le PSG a-t-il vraiment besoin de recruter durant ce mercato ?

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FOOTBALL - Laurent Blanc, l'entraîneur du PSG, aimerait bien recruter durant ce mois de janvier pour renforcer son milieu de terrain. Mais au regard de la prestation de ses remplaçants mardi soir à Bordeaux (1-3), alors que son équipe accuse encore le coup physiquement, il est permis de douter de la nécessité d'un quelconque transfert.

Si l'adage dit qu'on ne change pas une équipe qui gagne, Laurent Blanc, lui, a d'autres principes. En effectuant sept changements par rapport à l'équipe qui s'est imposée (1-2) à Ajaccio samedi en Championnat, l'entraîneur du PSG a laissé souffler quelques cadres en même temps qu'il a tendu la main à des joueurs en disgrâce, à l'occasion du quart de finale de Coupe de la Ligue à Bordeaux. Mission accomplie avec brio, comme l'a justement pointé Blaise Matuidi dans la foulée de la rencontre, remportée (1-3) sans trembler par le club de la capitale : "On a l'effectif pour faire tourner. Vous l'avez vu ce (mardi) soir avec des joueurs qui n'avaient pas trop l'habitude de jouer et qui ont répondu présent." Alors pourquoi diable Paris aurait-il besoin de recruter durant ce mercato, au milieu comme ailleurs ? Passage en revue de l'état de forme des "coiffeurs" parisiens.

Nicolas Douchez le poissard
Il aurait dû jouer mardi soir à Bordeaux, au nom de la rotation des gardiens dans les coupes nationales, mais c'est finalement Salvatore Sirigu, l'habituel titulaire, qui a tenu sa place à Bordeaux. La faute à une blessure survenue durant l'échauffement, juste avant le match. Mais la déveine ne s'est pas arrêtée là pour l'ex-portier rennais, qui s'est blessé à la cuisse droite… en recevant un ballon sur la tête. Le Parisien raconte en effet dans son édition de ce mercredi que c'est en tombant, sonné à la suite du choc, que Douchez s'est fait une élongation. Quand ça veut pas…

Marquinhos, un arrière droit de fortune ?
Christophe Jallet blessé deux mois en raison d'une hernie discale, et le jeune (22 ans) Kalifa Traoré ayant montré toutes ses limites au poste de latéral droit à Lisbonne contre Benfica (défaite 2-1 le 10 décembre en Ligue des champions), il avait un temps été question pour le PSG de recruter en urgence un latéral droit à même de suppléer Gregory Van der Wiel. Mais Laurent Blanc a finalement affirmé qu'aucun renfort n'arriverait dans ce secteur. C'est pourquoi le coach a aligné Marquinhos sur le flanc droit de la défense à Bordeaux. Et le Brésilien s'en est plutôt bien sorti, multipliant les incursions offensives jusqu'à frapper au but à la 2e minute et tenter de reprendre un ballon difficilement repoussé par Carrasso à la 61e, tout en se montrant sobre en défense. À revoir.

Zoumana Camara fait mieux que dépanner
Il a 34 ans, évolue au PSG depuis 2007 et ne correspond donc en rien aux standards qataris en termes de clinquant. Que fait-il donc encore à Paris ? Il s'assied sur le banc sans broncher, anime le vestiaire avec sa bonne humeur et son multilinguisme (il parle français, anglais et italien, ce qui peut servir dans un tel effectif), part à la chasse avec Zlatan en Suède et, accessoirement, joue quand son entraîneur le lui demande. Ce fut le cas mardi soir et "Papus" n'a eu aucun mal à contenir son ex-coéquipier Guillaume Hoarau, ne se ratant que sur une seule relance à la 16e, mais soutenant parfaitement la comparaison avec un Thiago Silva impeccable pour le reste. Une valeur sûre.

Lucas Digne toujours plus haut
Il savait à quoi s'attendre en quittant Lille pour Paris cet été : au PSG, le poste d'arrière gauche est la chasse gardée de Maxwell. Titularisé pour la douzième fois cette saison (toutes compétitions confondues) mardi soir, celui que tout le monde voit comme le successeur de Patrice Evra chez les Bleus parvient néanmoins à saisir chaque occasion qui se présente d'afficher ses progrès constants. À Bordeaux, il ne fut ainsi jamais mis en danger, verrouillant son couloir pour mieux s'en aller combiner avec Jérémy Ménez aux avant-postes. Il fut même à un cheveu d'inscrire le but de la victoire dès la 61e en suivant bien une action de l'ailier international français, mais Carrasso réalisa un miracle en déviant du bout des doigts sa reprise sur le poteau. Un vrai symbole.

Adrien Rabiot marié à Laurent Blanc
"Le but bordelais vient par ma faute." Fidèle à sa réputation de jeune homme (18 ans) n'ayant pas froid aux yeux, le milieu n'a pas cherché à fuir ses responsabilités après le match. Pendant non plus d'ailleurs, car après cette bourde et la sévère engueulade de Thiago Silva qui a suivi, Adrien Rabiot n'a pas sombré, montant en puissance au fil de la rencontre jusqu'à inscrire le but libérateur du 2-1 à la 85e en apportant le surnombre en attaque. Avant de rendre hommage à Laurent Blanc au coup de sifflet final : "À la mi-temps, le coach nous avait prévenus que les Bordelais allaient se fatiguer, il nous a demandé de garder des forces pour la fin de la rencontre." "La réponse qu’il a donnée ce (mardi) soir, ça prouve que c’est un très bon joueur, lui a répondu l'entraîneur en conférence de presse. Il a beaucoup de caractère. Il est fautif mais sa réaction a été de se projeter vers l’avant et de marquer ce but. Ça, c’est un signe." Un signe qu'il faudra compter sur lui.

Un nouveau Javier Pastore en 2014 ?
Recruter un milieu, mais pour quoi faire ? Aligné dans le cœur du jeu sans que le coach n'ait à modifier son cher 4-3-3, Javier Pastore s'est rappelé, mardi soir, au bon souvenir des supporters parisiens qui l'ont sifflé ces derniers mois. Bilan de ses 90 minutes passées sur la pelouse du stade Chaban-Delmas : le but de l'ouverture du score, une passe décisive sur celui de Rabiot et l'avant-dernière passe créant le décalage pour Cavani sur le troisième. C'est tout ? Même pas : un superbe centre pour Ibrahimovic à la 7e, un autre pour une merveille de volée du Suédois finalement signalé hors-jeu, une frappe croisée en toute fin de première période, une autre juste au-dessus à la 55e, un joli service pour Cavani à la 68e et une palanquée de gestes de classe que sa technique raffinée lui autorise. Mais à son sujet, Laurent Blanc s'est montré bien moins élogieux qu'avec Rabiot. "Maintenant, il faut que son mental soit à la hauteur de ses qualités techniques", a averti le coach, qu'on a vu pester à de nombreuses reprises contre l'Argentin durant la première demi-heure. "Il me parle beaucoup pour me demander de jouer plus haut, a éclairé l'intéressé en zone mixte. Il veut que je sois plus proche des attaquants, mais…" Une dernière phrase lâchée dans un grand sourire optimiste.

Jérémy Ménez joue la prolongation
"Bien sûr que je reste à Paris jusqu'à la fin de la saison. Je me sens bien ici, les dirigeants ont confiance en moi et il y a la Coupe du monde qui est importante. Beaucoup de choses ont été dites mais je vais me battre pour jouer le plus possible. Je n'ai discuté avec aucun club car, dans mon esprit, il n'a jamais été question de partir." À ceux qui doutaient de sa motivation, dont son coach qui a laissé entendre qu'il attendrait de voir la suite, Jérémy Ménez a adressé cette réponse. Dommage qu'elle ait été plus cinglante devant les micros que ballon au pied. Car l'international ne s'est toujours pas montré décisif mardi soir. À sa décharge, on l'a toutefois vu multiplier les courses sans ballon pour user l'adversaire. Une rareté. Également à son actif, une belle ouverture pour trouver Ibrahimovic dans la profondeur à la 35e, une énorme occasion qui a mis Carrasso en difficulté à la 61e et une ambition affichée : décrocher une prolongation de son bail au PSG qui se termine en juin. "Il y a des discussions avec le club", a-t-il même révélé après la rencontre.

Lucas peut-il sortir la tête de l'eau ?
Mardi soir, Lucas a fait du Lucas : appels dans le vide, dribbles systématiques (et stériles) et frappes complètement loupées. Une exception notable : une course intelligente dans le dos de la défense adverse, un crochet pour mettre Orban dans le vent, et une passe en retrait à la trajectoire et au timing parfaits pour permettre à Pastore d'inscrire son premier but depuis avril 2013. En attendant le sien ? "On a tendance à plus regarder les joueurs qui ont peu de temps de jeu quand ils sont titulaires, ce n’est pas facile, a plaidé Laurent Blanc. On est autant exigeant avec eux qu'avec les autres alors qu'ils jouent moins et manquent donc de rythme. Comme ce (mardi) soir, où il y a eu du retard à l’allumage." Comme cette saison. Mais les matches qui comptent le plus sont à venir.

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