"Traître", "Paie et va-t'en !"... Pourquoi les Catalans s'acharnent sur Neymar depuis qu'il a quitté le Barça pour le PSG

MERCATO
DÉCRYPTAGE - Vu d'Espagne, le transfert record de l'ancien Barcelonais au PSG a été vécu comme "une trahison". La presse d'information sportive s'est mêlée de cette affaire, faisant du Brésilien "l'homme le plus détesté de Catalogne". Pour LCI, les journalistes des quotidiens catalans Mundo Deportivo, Sport et de la radio nationale Cadena SER reviennent sur les origines de cette cabale anti-Neymar.

"Paie et va-t'en !", "À jamais", "Bon vent"... Depuis l'annonce du départ de Neymar au PSG, la presse espagnole est en boucle sur le Brésilien, avec des titres qui en disent long sur l'amertume que laisse derrière lui le capitaine de la Seleçao, parti à Paris pour la somme record de 222 millions d'euros, le montant de sa clause libératoire. À l'unisson, les quotidiens ibériques insistent sur l'affront fait au Barça et à ses socios. Car, comme le répétent à tout-va les journaux catalans, "on n'abandonne pas le FC Barcelone pour l'argent." Et plus le temps passe, plus la rancune demeure tenace. Il ne passe pas un jour sans que "Ney" n'apparaisse dans la presse. 

Cela a été vécu comme une trahisonMiguel Muñoz Encinas, journaliste à la Cadena SER

Mais comment peut-on expliquer cette rancoeur envers Neymar ? Pour Miguel Muñoz Encinas, journaliste-rédacteur en chef à la Cadena SER, "la raison principale, c'est qu'il est parti quand personne ne s'y attendait. Cela a été vécu comme une trahison." Un sentiment partagé par Dídac Peyret, journaliste spécialiste du FCB pour Diario Sport. Selon lui ce qui passe mal, "c'est le silence du joueur durant tout le processus. On a la sensation qu'il a joué avec le club. Le Barça et les fans se sont sentis trahis par le joueur et son entourage. Le club a payé un prix élevé pour lui (ndlr : le coût du transfert, les ennuis judiciaires qui ont suivi et la démission de l'ancien président Sandro Rosell) et pour eux, Neymar n'a pas rendu la confiance qui lui a été donnée depuis le début."


Une confiance d'autant plus "bafouée" avec la fameuse affaire de la prime de 26 millions d'euros. Celle-ci avait été négociée il y a un an quand le footballeur, déjà approché par les Qataris, avait renouvelé son contrat avec lle FC Barcelone jusqu'en juin 2021. "Neymar n'a pas dit au Barça qu'il voulait aller au PSG. Il s'est contenté de déclarer au club et à certains joueurs qu'il avait des doutes pour pouvoir récupérer cette prime et ensuite partir à Paris pour continuer à gagner encore plus d'argent", estime Sergi Solé, journaliste au quotidien sportif catalan Mundo Deportivo. "Sur ce coup-là, la façon d'agir de Neymar a vraiment été très laide !"

La comparaison avec Figo est exagéréeDidac Peyret, journaliste à Sport

En Catalogne, la "trahison" de Neymar réveille un douloureux souvenir. En 2016, alors que des rumeurs faisaient état de tractations en sous-main avec le Real Madrid, fait qui a été par la suite avéré, les supporters du Barça brandissaient des bandelores "Neymar n'est pas Figo", en référence au milieu portugais Luis Figo, qualifié de "traître" pour avoir rejoint les Galacticos en 2000. Aujourd'hui, à tort ou à raison, nombreux sont ceux à faire le parallèle entre ces deux dossiers qui ont meurtri le club culé en sa chair. 

"C'est comme Figo au Real Madrid", juge Sergi Solé de Mundo Deportivo. Dídac Peyret, rédacteur au quotidien Sport, lui n'est pas tout à fait de cet avis. "La comparaison avec Figo est exagérée. Ce sont deux cas distincts, nuance-t-il. Il y a de nombreux socios qui critiquent le joueur parce qu'il n'a pas été clair dans ses motivations. Ils croient qu'il est parti principalement pour l'argent, mais qu'il n'ose pas le reconnaître de vive voix". Miguel Muñoz Encinas, rédacteur en chef à la Cadena SER, lui embraie le pas, ajoutant que "Figo, c'était pire pour le Barça parce qu'il a signé chez l'ennemi juré, le rival de toujours, le Real Madrid."

Un sentiment de grand vide pour l'après-MessiMiguel Muñoz Encinas, journaliste à la Cadena SER

Ce départ précipité de Neymar pose aussi, et surtout, la question de l'après-Messi. "La préoccupation du Barça, c'est de savoir combien de temps Leo sera encore au niveau", assure Dídac Peyret, spécialiste du club culé à Sport. "Neymar était vu comme l'héritier de Messi, qui a 30 ans. Son départ a créé un sentiment de grand vide pour l'après-Messi, poursuit Miguel Muñoz Encinas de la Cadena SER. Le problème pour Barcelone, c'est qu'il n'y a aucun joueur sur le marché capable d'apporter ce petit truc qui fait la différence comme pouvait le faire Neymar."

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Si l'heure n'est pas encore à l'affolement général dans les rangs de l'entité catalane, l'inquiètude est légitimement de mise. "Les socios ont la sensation que la saison sera très difficile. Et l'année pourrait être encore pire parce que Messi n'a toujours pas signé sa prolongation avec club", rappelle le journaliste Miguel Muñoz Encinas. Un départ de l'Argentin, combiné à celui de Neymar, "aurait des allures de fin du monde", surenchérit son compatriote Sergi Solé. L'onde de choc du cataclysme provoqué par un départ éventuel de "La Pulga", l'enfant chéri du Camp Nou, serait alors égal à ceux de Neymar et Luis Figo réunis. Puissance 1000.

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