Alpes-Maritimes : comment expliquer ces inondations catastrophiques ?

Alpes-Maritimes : comment expliquer ces inondations catastrophiques ?
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ANIMATION 3D - Des inondations d’une ampleur exceptionnelle ont touché la vallée de la Vésubie vendredi, un phénomène historique pour ce secteur. Mais comment peut-on l’expliquer ?

C’est un épisode méditerranéen intense qui a touché les Alpes-Maritimes, département qui avait été placé en vigilance rouge par Météo-France. Ce phénomène, qui fait partie des caractéristiques du climat de ces régions, est courant à cette période de l’année. Mais l'épisode méditerranéen du 2 octobre a pris des dimensions exceptionnelles avec des records de pluie battus dans la vallée de la Vésubie qui a ainsi connu la pire inondation de son histoire. Explications. 

D'abord, rappelons que la température de la mer Méditerranée, située à une soixantaine de km de Saint-Martin-Vésubie, l'épicentre de cette catastrophe climatique, a été particulièrement chaude ces derniers temps, atteignant entre 20° et 24°. Une température qui génère beaucoup d'humidité, et énormément d'air chaud. En prenant de l'altitude, il va être poussé vers les reliefs. Là, au niveau du massif du Mercantour, cette masse chaude rentre en contact avec l'air froid présent en altitude, et c'est ce choc thermique qui va provoquer les orages, accompagnés de pluies diluviennes. 

Des cumuls de pluies exceptionnels

Avec 500 mm de pluie tombés au cours de la journée de vendredi, l'épisode dévastateur qui s'est abattu sur l'arrière-pays niçois est historique. La commune de Saint-Martin-Vésubie a battu son record absolu de précipitations. Cette valeur constitue également un nouveau record de pluie en 24h à l’échelle du département des Alpes-Maritimes, largement supérieure à celles enregistrées lors des inondations de la soirée du 3 octobre 2015 sur la Côte d’Azur avec de 150 à 200 mm relevés. 

Conséquence de ces précipitations exceptionnelles, les cours d’eau ont très fortement et très rapidement réagi. La Vésubie est ainsi passée de 50 cm vendredi matin à plus de 8 mètres dans l’après-midi. Sa cote a même pris 4 mètres entre 15h45 et 16h30 ! Les débits des fleuves et rivières ont également atteint des valeurs record. Plus bas dans la vallée, ils ont atteint près de 2600 m3/s alors qu’ils étaient souvent proches de 0 avant le début de cet épisode d’intempéries. C’est ce qui explique en grande partie l’étendue des dégâts : avec une puissance inouïe, l’eau a détruit de nombreuses routes, des ponts et même emporté plusieurs dizaines de maisons. 

La topographie en cause

L’autre raison qui explique cette catastrophe est liée à la topographie des lieux : la Vésubie est une vallée très encaissée dans l’arrière-pays niçois. Des villages comme Saint-Martin-Vésubie ou Roquebillière se situent au fond de cette vallée, au pied du relief. Leur altitude varie ainsi de 500 mètres pour le point le plus bas du village à plus de 2000 mètres pour le point le plus haut. Ainsi, les pluies qui ont débuté en matinée se sont retrouvées bloquées dans cette vallée, tout en étant continuellement alimentées par le vent de sud venant de Méditerranée. 

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Cette ligne pluvieuse et parfois orageuse a ainsi stagné pendant près de 12h et a alimenté tous les cours d’eau de la vallée. De même, les précipitations qui sont tombées sur les reliefs alentours sont venues gonfler les torrents des montagnes. Toute cette eau a fini par gagner la Vésubie puis le Var aux mêmes endroits, provoquant leur crue centennale et ces inondations historiques

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