"On veut partir, il n'y a plus de Saint-Martin, c'est fini !" Les sinistrés à bout de nerfs

"On veut partir, il n'y a plus de Saint-Martin, c'est fini !" Les sinistrés à bout de nerfs
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REPORTAGE - Depuis vendredi, les habitants de ce village de la Vésubie sont livrés à eux-mêmes dans l'attente de secours qui commencent à leur parvenir ce dimanche. L'isolement, le froid, le manque d'eau et de nourriture, rendent les conditions difficilement supportables. Au point que certains ne veulent qu'une chose : quitter la vallée, par n'importe quel moyen.

C'est un cauchemar qui semble ne jamais se terminer. Après que leur village, considéré comme l'épicentre de l'épisode méditerranéen exceptionnel de vendredi, a été saccagé par la crue brutale, les habitants de Saint-Martin-Vésubie s'organisent pour surmonter cette nouvelle épreuve et pour patienter jusqu'à leur évacuation. Si de l'eau et du ravitaillement peuvent parvenir jusqu'à eux par le ciel, en attendant que cette petite commune de 1400 habitants redevienne accessible par la route, l'attente se fait longue... et pénible. 

Ce qu'on a subi, on dirait un film d'horreur- Un habitant de Saint-Martin-Vésubie

"On n'a plus de maison, de communication, on n'a pas d'eau, pas à manger, on a froid, on en peut plus, on veut partir, il n'y a plus de Saint-Martin, c'est fini, c'est mort !", craque cette habitante croisée au petit matin sur la place du village où l'on tente de se réchauffer avec du café alors que le thermomètre affiche à peine 3°. Isolés sur les hauteurs de ce village situé au porte du parc du Mercantour, certains Saint-Martinois n'ont plus eu aucun contact avec l'extérieur depuis près de soixante-douze heures. Ils n'ont pas pu seulement prévenir leurs proches qu'ils étaient en vie alors que 18 personnes, dans cette vallée et dans celles de la Roya et de la Tinée, sont activement recherchées. "Mes enfants sont en Lorraine, j'aimerais qu'ils sachent que je suis en vie", soupire, en réprimant un sanglot, cette dame.

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Au bord des larmes, éprouvé par ces trois jours apocalyptiques, celui-ci nous explique : "On n'a plus rien pour se loger là-haut, des proches ont disparu, c'est assez difficile à vivre. C'est incroyable ce qu'on a vu, ce qu'on a subi, on dirait un film d'horreur, c'est horrible."  

Si certains peuvent embarquer à bord des hélicoptères qui ne sont pas occupés à rechercher des disparus, d'autres s'impatientent et préfèrent quitter le village par la route. A pied. "On a presque fini nos provisions, on n'a plus rien à manger, explique cet homme croisé avec un petit groupe qui se risque sur une route jonchée de gravats. Ils disent qu'on va venir nous chercher en hélico, mais on attend, on attend... Donc on a décidé de passer à pied." L'objectif : être récupérés par des amis qui ont pu s'approcher suffisamment près, en espérant arriver à Nice dans plus de deux heures.  

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