Canicule : retour en vidéo sur ces six jours où la France a suffoqué

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Canicule : la France face à une vague de chaleur exceptionnelle

SOCIÉTÉ - La dernière semaine du mois de juin a été particulièrement étouffante. Du 24 au 30 juin, la France a connu un épisode de canicule tout simplement historique. Retour sur une semaine particulière.

La France respire (un peu) mieux. Après six jours d'une canicule exceptionnelle pour un mois de juin, une bonne partie du pays a retrouvé ce dimanche des températures plus conformes à ce moment de l'été. Mais entre le 24 et le 30 juin , toute la France - et une bonne partie de l'Europe - s'est transformée en étuve, le mercure a atteint des sommets et le dérèglement climatique s'est fait un peu plus concret s'il le fallait encore. Jamais notre pays n'avait connu touffeur si accablante, à la limite de l'insupportable. Du genre de celles qui font qu'on se souviendra longtemps de ce mois de juin 2019, à l'image de la canicule de 1976 ou, plus récemment, celle de 2003. 

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Des records de chaleur

C'est que le mercure s'est envolé comme jamais en cette fin de mois, en atteignant, le vendredi 28 juin, un record absolu de 45,9°C ! la température est enregistrée sur le contrefort de la plaine de Petite Camargue, faite d'étangs et marécages asséchés. Ce 28 juin, il fait plus chaud à Gallargues-le-Montueux (Gard) à 16 heures qu'à Dubaï. 

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Canicule : un record absolu de chaleur battu dans le Gard

Cette nouvelle "marque" pulvérise la précédente (44,1°C) enregistrée à Saint-Christol-lès-Alès et Conqueyrac, dans le même département. Ce record datait d'août 2003 lorsque la canicule avait fait 15.000 morts.

"C'est une première en France depuis que l'on fait des mesures de températures (les relevés des températures effectués par les services de la météo datent de 1872, ndlr). La barre des 45°C a été franchie pour la première fois", a commenté Météo-France. La France devient ainsi le 6e pays européen à atteindre ce niveau de température digne des régions désertiques. Elle rejoint la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la Bulgarie. 

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Bouches-du-Rhône, Hérault, Vaucluse, Gard... La température dépasse les 45°C

Au-delà des valeurs extrêmes enregistrées dans les autres départements en vigilance rouge, ainsi que dans le Var, à plus de 44°C, presque tout l'Hexagone a transpiré. Il a fait 33°C à Paris et à Troyes, 35°C à Mâcon, ou encore 38°C à Nevers. Ce 28 juin, pour la première fois, Météo-France place quatre départements en alerte rouge. Jusqu'au samedi matin, l'école n'est pas obligatoire, les maraudes pour venir en aide aux SDF renforcées, des événements publics sont annulés, comme le grand spectacle de la Nuit Etoilée sur le Vieux Port à Marseille.

Le brevet reporté

Coup de tonnerre dans l'Education nationale : les épreuves du brevet, prévues jeudi et vendredi et qui concerne environ 800.000 jeunes, ont été repoussées à lundi et mardi pour les collégiens de France métropolitaine. Il s'agit d'une première, selon la rue de Grenelle. Il faut dire que les épisodes caniculaires qu'a connus la France précédemment avaient eu lieu pendant les vacances d'été. "C'est la première fois que nous avons à affronter de telles chaleurs alors qu'il y a des examens", a justifié le ministre.

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Blanquer : "J'ai pris la décision de reporter les épreuves du Brevet"

Une liste de recommandations à suivre pour répondre au mieux aux conséquences de cette vague de chaleur avait été envoyées aux établissement  : "Vérifiez la fonctionnalité ou l'installation de stores et/ou de volets", "étudier les possibilités de limiter les entrées de chaleur dans les salles", "disposer d'un thermomètre par salle", "distribuer régulièrement de l'eau à température ambiante"... Ces consignes ont été diversement appréciées par des enseignants, qui rappelaient que nombre d'écoles ne possèdent ni rideau ou stores pour protéger les baies vitrées, ni cour ombragée, ni isolation. Certains syndicats d'enseignants et de parents d'élèves plaident pour la création d'un congé canicule quand la température dépasse un certain niveau, comme c'est le cas en Allemagne. 

Des morts malgré les avertissements

Le gouvernement est rapidement monté au créneau. Agnès Buzyn, Jean-Michel Blanquer, Adrien Taquet, Edouard Philippe, multiplient les messages de prévention et les interventions médiatiques. La ministre de la Santé se rend dès le mercredi dans un service d'urgence de Metz. C'est que l'heure est grave, les urgences sont dans le rouge depuis un bon moment déjà, touchées par un mouvement de grève sans précédent. "Ce week-end dans les hôpitaux, ça va être très difficile à gérer par le personnel", prévient Christophe Prudhomme, urgentiste et délégué CGT. Le spectre de l'impréparation de 2003 plane. 

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Agnès Buzyn sur la canicule : "l'inconfort sera supérieur à l'inconfort de 2003"

Finalement, après une semaine de chaleurs intenses, la situation - bien que compliquée - est sous contrôle. Néanmoins, les chaleurs extrêmes ont sans doute coûté la vie à un octogénaire et un ouvrier de 37 ans jeudi en Alsace, à Cernay (Haut-Rhin). Entre vendredi matin et samedi à midi, six personnes ont été hospitalisées dans le Vaucluse en état d'hyperthermie. L'une d'elles, un cycliste qui pratiquait sa passion en montagne, est décédée et une autre avait un "pronostic vital engagé", selon la préfecture. Dans l'Ariège, une enquête a été ouverte après la mort d'un homme de 53 ans samedi lors d'une épreuve cycliste dans le parc régional des Pyrénées ariégeoises.

La Direction générale de la santé (DGS) a mis en garde contre les risques de noyade liés à l'envie de se baigner pour se rafraîchir : il y a eu au moins huit cas samedi, qui se sont soldés par cinq décès, dont l'un dans un étang interdit à la baignade à Achères (Yvelines).

La circulation différenciée dans plusieurs villes

La circulation différenciée, qui interdit le trafic aux véhicules les plus anciens, a du être instaurée dans plusieurs villes. En particulier à Paris, où elle a été rendue obligatoire toute la semaine, même si guère respectée. Elle doit prendre fin lundi matin. A Lyon, Grenoble, comme à Marseille ou Strasbourg aussi, le principe avait été mis en œuvre.

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Circulation différenciée : quid de son efficacité ?

Des incendies et des dégâts dans l'agriculture

La chaleur a favorisé le départ de feux : une soixantaine d'incendies ont brûlé 620 hectares dans le Gard, ainsi que six maisons et cinq hangars agricoles. Ils ont fait 20 blessés légers dont 19 parmi les pompiers. Trois incendies étaient toujours sous surveillance dimanche dans ce département, dont un "plus problématique" qui a brûlé 250 hectares à Garons avec des "risques de reprises", selon les pompiers.

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Incendies dans le Gard : ils ont perdu leur maison

Les pertes sont également importantes dans la viticulture du Gard et de l'Hérault. "Il y a eu avec la canicule de vendredi de nombreux dégâts dans des vignobles de l'Hérault et du Gard, avec des raisins qui ont été brûlés, des feuilles séchées", a souligné le président de la chambre d'agriculture de l'Hérault Jérôme Despey. Des cépages ancestraux comme le Carignan ont été touchés. "Les températures ont atteint de tels niveaux que certaines vignes semblent avoir été passées au chalumeau, littéralement grillées". 

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Canicule : des vignes du Gard et de l'Hérault calcinées par la chaleur

Le retour du frais

Une bonne partie de la France a commencé à retrouver des températures plus respirables dès le dimanche, avec un net rafraîchissement dans le nord-ouest mais toujours de fortes chaleurs à l'est et dans le sud.  Alors que l'épisode caniculaire concerne désormais une portion "de l'est de l'Occitanie à l'Alsace et sur les régions méditerranéennes", les températures devraient continuer à baisser lundi sur une grande partie du pays, selon Météo-France. 

La vigilance orange est malgré tout maintenue dans 32 départements. Ils se situent dans l'est et dans un grand tiers sud-est du pays, depuis l'Aude jusqu'au Bas-Rhin, en englobant le Massif central, la Côte d'Azur et les Alpes. Dans cette zone, le mercure continue de s'envoler avec "encore près de 40°C au maximum dans le Gard". 

Des températures auxquelles les Français vont devoir s'habituer ? Les scientifiques anticipent en effet des vagues de chaleur deux à trois fois plus nombreuses d'ici au milieu du siècle.

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