Dorian : "A l'avenir, il y aura des cyclones plus intenses mais pas forcément plus fréquents"

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L’ouragan Dorian, l’un des plus violents de l’histoire de l’Atlantique

CATACLYSME - L'ouragan Dorian - qui a dévasté plusieurs îles des Bahamas - est le plus violent jamais enregistré depuis 40 ans dans l'Atlantique. Comment expliquer un tel phénomène et à quoi doit-on s'attendre dans les prochains jours ? LCI a posé la question à Caroline Muller, spécialiste des phénomènes météorologiques et des cyclones tropicaux, enseignante à l'ENS et chercheuse au CNRS.

Il n'a laissé que des ruines. Dorian, l'ouragan le plus violent de l'histoire moderne des Bahamas, frappe cet archipel des Caraïbes depuis dimanche. Les dégâts sont considérables. La Croix-Rouge suppose que 13.000 maisons pourraient avoir été détruites ou endommagées dans les îles Abacos et de Grand Bahama. Des inondations très importantes pourraient avoir contaminé des puits, créant ainsi un besoin urgent d'eau potable. Une situation jamais vu dans un archipel qui a pourtant déjà subi les assaut de Matthew en 2016 ou encore Irma, en 2017. 

Comment expliquer un tel phénomène ? Et faut il craindre qu'il ne devienne plus fréquent comme le prévoient certains spécialistes ?  LCI a demandé à Caroline Muller, spécialiste des phénomènes météorologiques et des cyclones tropicaux, enseignante à l'ENS, chercheuse au CNRS de nous éclairer sur cette question. 

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Dorian est un ouragan exceptionnel, selon les spécialistes. Pourquoi ?

C'est la force des vents qui en fait un phénomène exceptionnel. Elle est très importante. Dans le cas de Dorian, c'est un ouragan de catégorie 5 : on a parlé de rafales dépassant les 300km/h. Soit 50km/h au dessus du seuil de la catégorie. Cela fait de Dorian l'ouragan le plus fort dans l'Atlantique nord depuis le cyclone Allen, en 1980.

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Quelles spécificités en font un phénomène d’une telle violence ? 

Il y a deux conditions nécessaires pour que les cyclones s’intensifient :  des eaux océaniques anormalement chaudes et un vent faible en altitude qui leur permet de garder une structure verticale afin de puiser leur énergie dans les océans. Dorian a eu les deux. 

Une des spécificités de Dorian, c’est qu’il a ralenti ces dernières jours. Plus il se déplace lentement, plus il restera sur les territoires touchés et ce n'est pas une bonne chose. S’il est sur des eaux chaudes, il prendra de la force, comme Harvey en 2017. 

Peut-on prévoir l’intensité de Dorian pour les prochains jours ? A quoi faut-il s’attendre ? 

On peut prévoir l'intensité mais sur quelques jours, c’est difficile. On a fait beaucoup de progrès sur les trajectoires mais moins sur l’intensité. C'est un phénomène sensible aux conditions environnementales. Tout dépend de là où il passe.  Actuellement, Dorian ralentit en s'approchant des côtes. 

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Ces phénomènes sont-ils plus fréquents qu'avant ? 

En 2005, on a eu une activité cyclonique très importante, c’était une période propice. Mais ce n’est pas évident de dégager une statistique. Cela reste des événements rares : quelques dizaines par an. Pour avoir une couverture globale, il faut remonter au début de l’ère satellitaire et cela ne remonte pas très loin. Cette impression n’est donc pas vérifiée. 

Peut-on imputer ces phénomènes intenses au réchauffement climatique ? 

Les cyclones plus ou moins intenses sont un phénomène météorologique qui fait partie de la machine climat. On sait des choses, d’autres sont encore incertaines. Par exemple, on se demande si le cyclone est affecté par des températures plus chaudes. On pense - mais ce n’est pas débroussaillé complètement - que l’on aura, à l'avenir des cyclones plus intenses mais pas forcément plus fréquents. Ils seront plus intenses, en raison de la chaleur des terres et des océans qui se réchauffent. 

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