Malgré des premières restrictions d'eau, "pas d'inquiétudes d'une sécheresse généralisée cette année"

Malgré des premières restrictions d'eau, "pas d'inquiétudes d'une sécheresse généralisée cette année"
Météo

MÉTÉO - Certains préfets ont récemment pris des dispositions de restriction d'eau. Pour autant, les experts réfutent la thèse d'une sécheresse intense à venir sur l'ensemble du territoire. LCI fait le point.

19  départements français sont désormais concernés au 8 juillet par des restrictions d'eau. En ce début de mois de juillet, la possibilité d'une sécheresse interroge ; d'autant plus au regard de l'aridité exceptionnelle constatée l'été dernier. Dans un bilan publié ce mercredi, Météo France estime que les sols d'une partie de la France (quart nord-est) sont plus secs qu'en temps normal voire "extrêmement secs". Le document précise aussi que malgré une pluviométrie excédentaire sur le territoire français en juin, "les sols se sont nettement asséchés sur une large moitié nord et est du pays" lors des trois derniers mois. Cet état des lieux se situe dans la continuité de l'estimation du ministère de la Transition écologique qui, en mai dernier, tablait sur une possible exposition de la moitié des départements français (53) à des degrés divers à un risque de sécheresse estivale. 

Une situation moins préoccupante que l'été dernier

Toutefois, il faut relativiser la situation météorologique de la France. "La situation est beaucoup moins inquiétante que celle de l’année dernière", explique ainsi Guillaume Woznica, journaliste météo à LCI.  Elle s'était révélée assez exceptionnelle puisque "particulièrement durable, particulièrement intense et particulièrement étendue" (jusqu’à 88 départements concernés par des restrictions d’eau). Des canicules inédites, avec des pics de 46°C dans le sud et 42°C à Paris, ont eu lieu. L'été 2020 se trouvera certainement loin de ces sommets historiques. Avec une "première partie de printemps très humide, les nappes phréatiques ont eu le temps de se ressourcer, de se remplir. Dans la plupart des régions, au début de l'été elles étaient quasiment à 100% de leur taux de remplissage." Michèle Blanchard, membre Direction  des Services Climatiques à Météo France, confirme que "ce n’est pas la même tension que l’an dernier puisque les nappes se sont rechargées pendant l’hiver." Elle précise que les "sols sont vraiment secs" mais que les "plus grandes réserves souterraines d'eau" par rapport à l'été dernier permettent une certaine sérénité. 

Méfiance pour le centre-est du pays

Un bémol important : le centre-est du pays, "du Lyonnais à l’Alsace en passant par la Bresse et la Bourgogne". Selon Guillaume Woznica, il a été le plus touché par "la sécheresse historique de l'an passé. Les niveaux des nappes phréatiques ont atteint des niveaux exceptionnellement bas. Il aurait fallu plus d’eau qu’ailleurs. Or l’hiver et le printemps y ont été un peu moins humides que dans le reste de la France", précise Météo France. Le déficit d'humidité des sols superficiels y affiche des valeurs inférieures à la normale de 30 à 40%, localement plus de 50%. Cela explique que certains départements, comme la Côte d'or, aient adopté des mesures pour restreindre la consommation d'eau. Le risque d'assister à une sécheresse notable dans cette partie du pays "existe" surtout au vu des prévisions qui "annoncent un été sensiblement plus chaud et plus sec que la normale." Mais d'une manière globale, les experts ne nourrissent que peu "d’inquiétude" quant à une  "sécheresse généralisée" cette année. Il s'agirait plutôt d'un phénomène "très localisé", le "déficit de pluie et l’excédent de chaleur attendue se situant à des niveaux raisonnables." 

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