Tempête Alex : pourquoi parle-t-on d’une "bombe météorologique" ?

Météo : les prévisions du jeudi 1er octobre
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INTEMPÉRIES - Les spécialistes météo s’accordent tous pour annoncer une "violente" tempête dans le nord-ouest dans la nuit de jeudi à vendredi. Ils décrivent également Alex comme une "bombe météorologique". Mais de quoi s’agit-il ?

Alex, première tempête de la saison, touchera le nord-ouest du pays en milieu de nuit prochaine et pourtant, elle n’est pas encore formée à l’heure actuelle… Et c’est bien pour cela qu’elle inquiète les spécialistes ! Si certaines dépressions traversent l’Atlantique et parcourent des milliers de kilomètres, d’autres au contraire, viennent se former aux portes de la France. 

Généralement de plus petite taille, elles peuvent en revanche s’avérer beaucoup plus violentes. C’est ce qui devrait se produire avec la tempête Alex pour laquelle 5 départements ont été placés en vigilance orange ce jeudi matin. On vous explique ce phénomène de "bombe météorologique" attendu ces prochaines heures.

Plus de 30 hectopascals perdus en 6h

Si cette tempête inquiète, c'est avant tout parce qu'elle s'annonce imprévisible en raison de son caractère explosif. Qualifiée de "bombe météorologique" par les prévisionnistes, elle se caractérise par la rapidité à laquelle elle va se former. Alors qu’elle n’était encore qu’un "amas" nuageux sur le proche Atlantique ce matin, une anomalie d'altitude (changement de temps en altitude) et un tourbillon de surface (rotation des vents au niveau du sol) vont entrer en phase et interagir à partir de ce jeudi après-midi. Le creusement de la dépression pourra alors commencer. Celui deviendra "explosif" car la pression atmosphérique en son centre va diminuer à une vitesse remarquable, d’où le terme de "bombe météorologique". Alex va ainsi perdre une trentaine d’hectopascals en moins de 6 heures ! À Lorient par exemple, la presse atmosphérique passera de 1000 hPa à 18h à seulement 970 hPa vers minuit.

Or, plus une dépression est creuse et plus elle génère de vents violents, d’où l’inquiétude des météorologues. D’autant que ces dépressions de petite taille sont mal appréhendées par les modèles de simulation atmosphérique. Un décalage géographique de quelques dizaines de kilomètres peut ainsi avoir d'importantes conséquences, tant sur l'intensité des vents que sur les secteurs concernés. Ces bombes météorologiques laissent par ailleurs derrière elles des dégâts souvent importants, d'autant que les arbres sont encore garnis de feuilles à cette période de l'année, ce qui leur procure une prise au vent plus importante et qui augmente donc le risque de chutes d'arbres et de dégâts.

Des précédents : Lothar, Martin, Klaus, Zeus…

Fort heureusement, ce type de phénomène reste relativement rare. La dernière dépression à caractère explosif s’est produite en Bretagne le 6 mars 2017. La tempête Zeus secoua alors le Finistère et le Morbihan avec des rafales atteignant 193 km/h à Camaret-sur-Mer. Même cause, mêmes effets avec la tempête Klaus en janvier 2009. Elle frappa alors tout le quart sud-ouest avec de nombreux records de vent : 184 km/h à Perpignan, 172 km/h Biscarrosse ou encore 161 km/h à Bordeaux. Elle provoqua la mort de 12 personnes. 

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Les plus connues resteront les deux tempêtes de décembre 1999, Lothar et Martin, avec un scénario que personne n’a oublié : la moitié nord puis la moitié sud touchées par des vents d’une violence jusque-là inédite dans de nombreuses régions (198 km/h sur l’île d’Oléron, 173 km/h à Orly et Saint-Brieuc, 169 km/h à Paris…). Les Bretons et les Normands n’ont pas oublié non plus la tempête du 15 octobre 1987 qui présente d’ailleurs des similitudes avec Alex. Baptisé "l’ouragan de 1987" par les médias, il provoqua des vents jusqu’à 242 km/h dans le Cotentin. Depuis, la précision et la fiabilité des modèles météo se sont améliorées, permettant de mieux anticiper ce type de phénomène.

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