"L'anticipation fait partie de notre ADN" : comment les pompiers du Gard font face aux orages torrentiels

Les déplacements sur les routes et dans les trains vont rester compliqués. On fait le point sur la situation.

ORGANISATION - Malgré la violence de l'épisode pluvieux et la rapidité de la montée des eaux dans le Gard, aucune victime n'est à déplorer. Le lieutenant-colonel Eric Agrinier nous explique les dispositifs mis en alerte en amont de la crise.

Ce n'est que vers midi, mardi, que Météo-France a placé le Gard en alerte rouge orages et inondations. Cependant, le sapeur-pompier Eric Agrinier l'assure, la cellule de crise était prête bien avant. Et malgré l'exceptionnelle intensité de l'événement, aucune victime n'est, pour le moment, à déplorer.

Si un épisode de pluies de cette intensité n'a ainsi été prévu qu'au dernier moment, toutes les forces d'intervention étaient malgré tout prêtes pour agir dans ce département régulièrement touché par les épisodes de pluies diluviennes à cette période de l'année, comme l'explique le lieutenant-colonel, chef de la communication du département. 

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Anticiper les moyens susceptibles d'être déployés

Est-ce qu'il y a des solutions pour prévenir un événement d'une telle ampleur ?

De notre côté, en amont, on ne peut agir que sur la préparation. Lorsqu’on a un événement plus ou moins annoncé en avance par le service de Météo-France, suivant les prévisions qu’on reçoit, notre réflexion et notre mode opératoire sont différents. Dans notre formation de sapeur-pompier, la notion d’anticipation fait partie de notre ADN. On essaie de prévoir les événements et de mettre en réflexion tout ce qui peut se passer et donc, de prévoir les moyens susceptibles d’être déployés. Bien évidemment, ces moyens sont différents suivant l’intensité de l'événement, sa durée, suivant les parties du département qui sont touchées... toute cette réflexion peut varier. 

Le Gard est habitué des forts épisodes de pluie à cette période, cependant celui-ci est particulièrement intense, et pourtant, aucune victime n'est à déplorer. Cela est-il lié à la gestion de crise mise en place ? 

Quand on a plus de 60 treuillages effectués, quand on a plus de 90 missions mises en sécurité ou de sauvetage effectué par le sol, ce n’est pas le fruit du hasard. Il y a certainement une part de chance mais, il y a aussi une part d’organisation et d’anticipation.

Dès 8 h du matin mardi, le centre opérationnel départemental était armé et activé en préfecture- Eric Agranier, sapeur-pompier

En interne, nous avons décidé de renforcer le centre de traitement des appels, parce que c’est quand même dans cette entité qu’aboutissent les demandes de secours, il faut donc être en capacité de les recevoir. En parallèle, Mme la Préfète du Gard a activé le centre opérationnel départemental (COD), qui est le centre névralgique de gestion de crise au niveau départemental. 

Elle réunit l’ensemble des acteurs de la gestion de la sécurité civile et bien sur, les sapeurs-pompiers font pleinement partie de cette salle opérationnelle. Cela permet une coordination avec tous les autres acteurs de gestion de crise pour fluidifier et aller plus vite dans la prise de décision. Ça a été fait très en amont, dès 8 h du matin mardi, le COD était armé, activé en préfecture. 

En termes opérationnels, on a immédiatement mobilisé tous nos centres de secours qui ont envoyé un message de mobilisation à l'ensemble du personnel, professionnels de repos et volontaires, pour augmenter les effectifs dans toutes les casernes du département du Gard. Et des renforts des départements voisins ont été accueillis.

Cette montée en puissance a pu être anticipée- Eric Agrinier, sapeur-pompier

Et sur le temps long, on a monté des groupes spécifiques aux inondations, avec des groupes inondations et sauvetages, capables de se mettre à l’eau, y compris dans des cours d’eaux à forts débits. Nous avons aussi fait la demande de mobiliser des hélicoptères. Autre type de moyen, on a constitué des GPI, des groupes polyvalents d’inondations avec des camions citernes feux de forêts. Ces engins lourds peuvent atteindre par des voies terrestres, même immergées, des points qui ne sont plus normalement atteignables et aller porter assistance à la population. Ces groupes ont été constitués et prépositionnés par rapport aux informations de Météo-France, donc c’est pour ça que cette montée en puissance a pu être anticipée.

L'information auprès des habitants est-elle primordiale pour une telle gestion de crise ? 

C’est vrai que nous avons aussi activé depuis très longtemps dans le département du Gard une communication opérationnelle extrêmement bien rodée. On relaie les consignes de sécurité, via nos canaux habituels ou nos communiqués de presse, et très certainement, cela contribue à la bonne conduite de la population et effectivement, à l’atténuation des risques sur les citoyens.

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Il y a aussi beaucoup de communes qui ont activé un réseau d’alerte, où les maires, sur leur propre décision se sont dotées d’un moyen d’information direct par SMS. Un moyen de passer en direct des messages soit d’information, soit carrément de bons comportements auprès des populations. C’est un système qui est extrêmement développé dans le département.

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