Pourquoi la canicule de juin sera-t-elle plus éprouvante que celle de 2003 ?

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Canicule : la France face à une vague de chaleur exceptionnelle

CANICULE - Annoncé comme "aussi intense" que celle qui fait référence dans l’histoire des canicules, à savoir 2003, l'épisode qui débute ce lundi sera aussi et surtout plus éprouvant pour nos organismes en raison de plusieurs facteurs. Explications.

Les dernières prévisions confirment le caractère exceptionnel de l'épisode caniculaire qui commence lundi 24 juin sur la majeure partie du pays. Deux ajustements sont néanmoins à noter par rapport au scénario initial. Les Hauts-de-France et la Normandie (et comme prévu la Bretagne) seront finalement épargnés par ces températures très élevées jusqu’à mercredi au moins à la faveur d’un vent de nord-est qui limitera l’envolée des thermomètres dans ces régions. L’autre changement concerne la durée de cette canicule qui augmente puisqu’elle persistera jusqu’à dimanche dans les régions de la moitié nord mais surtout elle devrait se maintenir début juillet au sud de la Loire...

La première canicule de l’été

Si cette canicule de fin juin 2019 ne sera pas aussi longue que 2003 (elle avait atteint 12 à 18 jours selon les régions), il s’agit de la première canicule de l’été, par définition plus éprouvante qu’une vague de chaleur qui se déroulerait fin juillet ou au cours du mois d’août. Cela s’explique par la non-préparation de nos organismes à ces températures extrêmes, d’autant plus qu’elles interviennent après un printemps plutôt frais et humide. Plus concrètement, si un sportif pratique des épreuves physiques intenses, il souffrira bien plus s’il ne s’entraîne pas un minimum auparavant. Pour cette canicule, c’est la même chose : les organismes fatigueront davantage.

Une chaleur de plus en plus humide

Contrairement à la canicule de 2003 où l’air était particulièrement sec, la masse d’air qui va englober le pays va devenir de plus en plus humide en seconde partie de semaine. Ainsi, des températures sous abri de l’ordre de 35 à 40°C conjuguées à un taux d’humidité autour de 40 à 50% rendra la chaleur difficilement supportable par nos organismes. L’humidex, un indice créé initialement par les Canadiens, correspond au ressenti réel pour le corps humain qui, dans ces conditions, pourra ponctuellement atteindre un niveau inédit pour la France, de l’ordre de 46 à 48 en fin d’après-midi dans les régions centrales et en Île-de-France.

Des nuits particulièrement courtes

Enfin, l’autre facteur qui rend cette canicule plus problématique qu’une autre, provient de la durée de la nuit. Si en août 2003, les jours diminuaient de 2 à 3 minutes en moyenne depuis le solstice d’été, les journées sont en revanche bien plus longues en cette fin juin. Avec un ensoleillement qui peut dépasser 16 heures quotidiennes et des nuits qui n’excèdent pas 6 à 7 heures, les températures nocturnes vont ainsi moins baisser. Elles seront souvent comprises entre 22 et 25°C au lever du jour, c’est-à-dire au moment "le plus frais de la journée". Dans les grandes agglomérations, avec l’effet d’îlot de chaleur lié à la forte urbanisation, les minimales pourraient ne pas descendre en-dessous de 27 à 29°C. Avec un tel niveau, ces valeurs nocturnes étouffantes ne permettront pas aux organismes de récupérer de la chaleur de la journée.

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