Gabriel, Florence, Michael… Qui décide du nom des tempêtes et des ouragans ?

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EXPLICATION - La dépression Gabriel, ses vents violents et ses chutes de neige balayent la France depuis ce mardi. Si les événements climatiques ont les noms de vos amis ou voisins, ce n’est pas juste pour faire plaisir à ceux qui les nomment. Que ce soit aux Etats-Unis, au Brésil ou en Europe, attribuer un nom à une tempête ou possible futur ouragan se fait selon des règles strictes. On vous explique.

Au tour de Gabriel de focaliser l'attention des météorologues. Cette dépression qui apporte avec elle des vents violents et des chutes de neige potentiellement importantes a commencé à toucher la France ce mardi. Comme chaque tempête et ouragan dans le monde, cette nouvelle perturbation s'est vue attribuer un nom. Un sobriquet qui ne doit rien au hasard. De fait, tout est déjà parfaitement organisé : les noms des tempêtes sont donnés selon une liste précise, établie par le National Hurricane Center de Miami (Floride) depuis 1953. 


Pour les tempêtes naissant dans l’Atlantique, six listes sont établies et utilisées année après année. Elles contiennent chacune 21 prénoms par ordre alphabétique qui seront attribués à chaque phénomène. Des listes qui se répètent : celle de 2017 est ainsi la même que celle qui sera utilisée en 2023. Et au cas où une année connaîtrait plus de 21 phénomènes, car cela concerne même les moins violents, on attribue ensuite comme nom une lettre de l’alphabet grec (Alpha, Beta, Gamma, etc.).

À noter, d'ailleurs, que la tempête Gabriel devrait en fait se nommer Gabrielle, si l'on en croit la la liste du NHC, censée alterner entre les prénoms masculins et féminins. 

Si un prénom est associé à une tempête trop meurtrière ou coûteuse, il est ôté de la liste. Ainsi, le nom de Katrina, qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans en 2005, ne sera plus donné, tout comme Wilma ou Hugo. 


La zone Pacifique Nord-Est dispose de listes propres qui suivent les mêmes critères et sont recyclées tous les six ans. En revanche, le Pacifique Centre Nord dispose de quatre listes compilant des noms attribués les uns après les autres sans année particulière.

En Europe, il suffit de payer !

Si pour l’Amérique du Nord et du Sud, tout est centralisé et fixé. En Europe, le fonctionnement est tout autre. Jusqu’en 1954, les jours de la semaine influençaient les prénoms donnés. Puis une étudiante de l’Université de Berlin eut l’idée de nommer plus précisément les dépressions touchant le continent afin d’unifier le tout et rendre les cartes météo plus lisibles, faciles à suivre. Les noms seront choisis par ordre alphabétique d’apparition des tempêtes (A, B, C, D…), quelle que soit l’importance de la dépression.

Depuis 2002, ces appellations sont ouvertes au public auprès de l'Institut de météorologie de l'Université de Berlin. Moyennant un peu plus de 150 euros pour une dépression, 350 pour un anticyclone, quiconque le souhaite peut acheter le droit de donner son prénom à une perturbation. Une opération, baptisée "Adopt a Vortex", qui connaît un franc succès. En moyenne, 150 noms sont donnés aux dépressions européennes chaque année, qu’elles soient de faible ampleur ou parviennent à faire la une de la presse. Toutes ne seront pas aussi "célèbres" que Lothar (26 décembre 1999), Xynthia (28 février 2010) ou Klaus (janvier 2009).


Les tempêtes Leiv et Marcel qui ont frappé la France début février 2017 avaient en fait les prénoms des personnes les ayant déposés (Leiv Tholander et Marcel Ziefle). Pierre qui avait suivi, mais sans ampleur, avait été choisi par un professeur agrégé de géographie et responsable d’un Master sur le climat et l’environnement. Cependant, les noms que nous connaissons ne sont pas utilisés par tous les pays. Les Français reprennent les noms choisis par les Allemands. Les Britanniques, quant à eux, optent généralement pour d’autres patronymes pour une même tempête.

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