VIDÉO - "Une vie dévastée en deux heures" : les sinistrés du Gard racontent le chaos des orages

VIDÉO - "Une vie dévastée en deux heures" : les sinistrés du Gard racontent le chaos des orages

LE JOUR D'APRÈS - Au lendemain des violents orages et des pluies records qui ont frappé le Gard, les habitants des communes durement touchées ne peuvent que constater les dégâts, incrédules. Ils témoignent auprès de TF1.

Il ne reste plus rien. Cette habitante d'Aigues-Vives dans le Gard vient de rentrer chez elle ce mercredi après les terribles inondations de la veille qui ont ravagé sa maison. Le constat est effroyable : "Tout a été tourné, viré", raconte-t-elle, déspitée, dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. 

Mardi après-midi, son mari a dû fuir par la fenêtre du salon pour échapper à la montée des eaux. Elle est encore sous le choc. "J'étais au travail. J'ai appelé ma voisine qui m'a dit : 'je suis sur le toit, j'ai vu votre mari nager jusqu'au cabanon'. Je me suis dit : 'ce n'est pas possible, il ne peut pas nager, il ne peut pas y avoir de l'eau'. Et je suis restée trois heures sans nouvelles en croyant qu'il avait été emporté". Une vie dévastée en deux heures", lâche-t-elle, des sanglots dans la voix. 

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Le 13H

Chez Didier, un autre riverain, l'eau est montée à plus de deux mètres de hauteur. Tout est détruit. "Je vais proposer à l'expert qu'il m'indemnise la maison et je vais habiter ailleurs. Ma femme ne veut plus vivre là. C'est fini. C'est quarante ans de vie passés", avance-t-il, à bout. Face à spectacle de désolation, la solidarité s'organise à Aigues-Vives. Une infirmière fait le tour du quartier pour distribuer des cafés chauds. "Ça me paraît évident, c'est le moins qu'on puisse faire", dit-elle. 

De nouveaux orages sont à craindre

Non loin de là, dans le village d'Aimargues, près de Lunel, on a peut-être évité le pire grâce à l'intervention d'un élu, Philippe Canizares. Ce dernier était venu constater les dégâts occasionnés par une brèche dans la digue, avec de l'eau jusqu'en haut d'un pont, quand il a entendu des cris. "J'ai entendu une personne qui se manifestait pour demander des secours. Elle disait : 'au secours, appelez les pompiers pour me sauver'. J'ai hésité à plonger, mais je savais que je n'aurais pas pu traverser avec le courant", explique-t-il dans la vidéo du JT de TF1 à retrouver ci-dessous.

Depuis, un homme a été retrouvé sain et sauf après quatre heures passées dans l'eau. Mais les cris entendus par Philippe Canizares sont ceux d'une femme, alors quinze sauveteurs continuent les recherches dans le Rhôny. "On a réalisé beaucoup d'hélitreuillages dans ce secteur de personnes masculines et féminines, donc on est en train de recouper pour savoir si l'une d'elles correspond à celle qui a crié", avance le commandant Marin Palon, chef du secteur d'Aimargues.

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Pour l'heure, l'eau est redescendue, mais les terres autour du village du Cailar restent submergées. D'ailleurs, quelques maisons isolées doivent encore être évacuées avant le retour de la pluie. Le département du Gard reste en effet en vigilance orange : de nouveaux orages sont attendus ce mercredi soir. "On va voir si ça tape les Cévennes ou si ça tape notre région. Si ça tape sur nous, à mon avis on va avoir encore plus de dégâts que ce qu'il y a à l'heure actuelle", s'inquiète un habitant. "Là on est en décrue, mais c'est possible que ça remonte avec les pluies qu'ils annoncent", explique un autre. Toute la journée, ils vont donc surveiller les crues en amont du village.

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Les habitants d'Aimargues encore choqués

Des collégiens piégés

Parmi les zones qui ont le plus souffert, il y aussi Vergèze et Codognan. Les habitants ont eu très peur et sont encore sous le choc de ce qu'ils ont vécu. Épaulés par la police municipale, les pompiers vérifient que chacun est en sécurité. Dans le quartier résidentiel de Codognan, les habitants constatent, impuissants, les ravages. "Il y a la cave, la salle de bain, la chambre de ma fille...", détaille une riveraine. En trois heures, l'eau a envahi toutes les maisons construites de plain-pied. Mais ce mercredi matin, la priorité n'est pas au nettoyage. "Il faut vider un peu tous les réseaux qui sont en charge, ce qui va être difficile parce qu'on prévoit encore de la pluie dans l'après-midi ou en début de soirée", explique, toujours au 13H de TF1 (vidéo ci-dessous), Christophe Bour, chef de la police de Vergèze.

À deux kilomètres à peine, à Vergèze, là aussi, le Rhôny, d'ordinaire un ruisseau, a retrouvé son lit. Mais il laisse derrière lui de nombreux dégâts. Mardi, certains collégiens ont même été pris au piège. Faute de pouvoir rentrer chez eux, ils ont été accompagnés par leurs professeurs jusqu'à une salle polyvalente. Et sans aucune nouvelle de sa fille, une mère de famille s'est fait un sang d'encre. "J'ai eu très peur. Je n'ai pas beaucoup dormi. On s'inquiète parce que quand on voit les dégâts sur la route, c'est impressionnant", souligne-t-elle. 

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Réveil difficile à Vergèze

Ce mercredi après-midi, la plupart des habitants scrutent encore le ciel dans l'espoir qu'un nouvel épisode cévenol ne s'abatte pas sur un village déjà meurtri. Alors qu'une poignée de routes secondaires restaient fermées à la circulation dans la zone touchée, au sud-ouest de Nîmes. 

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