5 chansons qui prouvent que Bob Dylan mérite son prix Nobel de Littérature

MUSIQUE

SURPRISE - Le chanteur et compositeur Bob Dylan s’est vu décerner, jeudi 13 octobre 2016, le Prix Nobel de Littérature. Si certains crient déjà au scandale, d’autres saluent, à juste titre, le génie poétique du plus lettré des rockeurs. LCI a choisi cinq titres de l’oeuvre du musicien qui prouvent le génie littéraire de Robert Zimmerman.

Admiré par l’écrivain Allen Ginsberg, surnommé "le jeune poète" par Samuel Beckett, Bob Dylan est, avec Leonard Cohen, le plus lettré des songwriters. Le plus influent aussi. Voir le barde américain recevoir à 75 ans le prix Nobel de Littérature était en fait une évidence. Lecteur compulsif et homme de mots, le rockeur a passé sa vie à mêler son oeuvre à celles des plus grands auteurs. De Jack Kerouac ("On the Road Again") à Lewis Carroll ("Tweedledum and Tweedledee") en passant par William Blake.

Avec ce prix, celui qui dans son autobiographie "Chronicles Vol.1" parue en 2004, admettait finalement avoir choisi le pseudonyme de Bob Dylan (de son vrai nom Robert Zimmerman) en partie pour rendre hommage au poète gallois Dylan Thomas, entre un peu plus dans la légende. Portrait en cinq chansons d’un poète électrique.

Blowin’ The Wind (1963)

Une chanson si belle, si puissante, qu’on accusera longtemps son auteur de l’avoir plagiée. Cette sublime protest songs (un genre qu’il maitrisa parfaitement, de "Maggie’s Farm" à "Times They Are A Changin’") est portée par une allitération devrait être redondante mais qui, en fait, la rend grandiose. Bruce Springsteen, Neil Young ou Peter, Paul and Mary ne s’en sont d’ailleurs toujours pas remis.

"Stuck Inside of Mobile With the Memphis Blues Again" 1966

Avec sa puissance poétique, une conscience politique aiguisée et un sens de l’humour incomparable, Bob Dylan a chaviré l’écriture rock. Parolier inouï, souvent qualifié par les rock critics et professeurs de littérature de "Shakespeare moderne", Bob Dylan poussera le jeu à faire du dramaturge anglais l’un des personnages d’une des chansons les plus tordues de son album "Blonde On Blonde" ("Il y a Shakespeare dans une ruelle avec ses chaussures à pointes et ses clochettes/ Il parle à une fille française qui prétend bien me connaître"). Un chef d’œuvre d’humour Dylanien !

"Make You Feel My Love" (1997)

Souvent accusé d’être abscons et difficile d’accès, Bob Dylan prouve ici qu’il peut aussi être un parolier direct et d’une émouvant. Dans cette chanson d’amour qui raconte la difficulté de faire comprendre à l’autre à quel point on l’aime, Dylan dévoile son génie métaphorique mais aussi la pureté de son écriture, comme il l’avait déjà prouvé par exemple sur "Don’t Twink Twice, It’s Alright". Souvent reprise, notamment par Billy Joel ou par Bryan Ferry, la chanson, dont les paroles ne sont pas sans rappeler L’Hymne à l’Amour d’Edith Piaf, redeviendra un tube, en 2008, grâce à Adele.

"Highway 61 Revisited" (1965)

Dylan a son sommet. Le Barde newyorkais transpose le Livre de la Genèse et le Sacrifice d’Isaac par Abraham sur la route 61 des Etats-Unis. Dans un élan génial, transgressif et surréaliste, Dylan enfile les métaphores sur un monde politiquement absurde où des parieurs ennuyés n’aspire qu’à provoquer la prochaine guerre mondiale. Tout ressemblance avec la vie politique américaine actuelle est forcément fortuite.

"Every Grain of Sand" (1981)

Selon la légende, lorsque Bob Dylan rencontre les Beatles en 1965 après un de ses concerts londoniens, c’est une boutade sur William Blake qui aurait brisé la glace entre le songwriter américain et les Fab Four. Dans cette chanson méconnue, parue en 1981 sur l’album "Shot of Love", le Zim’ s’inspire directement du poème "Présages d'innocence " de l’auteur pré-romantique. Une inspiration qui n’a pas échappé à Sara Danius, secrétaire-générale de l’Académie Nobel, pour qui le chanteur "s'inscrit dans une longue tradition qui remonte à William Blake."

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