Adrien Gallo : "Gemini" où l'album d'un homme amoureux

MUSIQUE

SOLO - Adrien Gallo a sorti cette semaine son premier album solo, "Gemini". Un album très personnel aux sonorités très eighties sur lequel le jeune homme fait chanter sa petite amie.

On prévient d'emblée : non, ce n'est pas parce qu'Adrien Gallo s'offre une escapade en solitaire qu'il a tiré un trait et signé l'arrêt de mort des BB Brunes. Au contraire. C'est un cadeau que le jeune homme se fait à lui-même, entre deux enregistrements avec les copains. Pour lui, "Gemini"est une façon de montrer une autre facette de sa personnalité . "C'est mon côté variétés'", plaisante le rockeur longiligne. 

C'est vrai qu'on est loin du rock de sa formation d'origine. Ici, Adrien Gallo se promène dans les années 1970, voire 1980, aussi bien pour les mélodies que l'esthétique visuelle. D'ailleurs, à bien y écouter, les influences d'Etienne Daho et Serge Gainsbourg se ressentent. En est-il conscient ? "Oui, et c'était déjà le cas pour le dernier album de BB Brunes. J'ai redécouvert Etienne Daho récemment, je connaissais mal et je me suis replongé dans toute sa discographie et j'ai vraiment adoré. Les clins d’œil sont donc complètement voulus".

Les sons avant les mots

Tout comme ceux au grand Serge Gainsbourg. C'est d'ailleurs un hommage à ce dernier qu'Adrien a voulu rendre dans le clip "Monokini", le premier single. "On voulait faire un remake d'un passage télé de Serge Gainsbourg sur 'Sea, sex and sun' et c'est la meilleure idée qu'on ait trouvé", rigole-t-il. Comme son illustre modèle, Adrien Gallo affûte et affine sa plume, jongle voire joue avec les mots. Pour lui, "c'est assez intuitif". Il développe : "Je travaille sur les sonorités, sans prêter attention aux mots ou au son. Je m'occupe d'abord de la forme et ensuite le fond se dessine un peu tout seul".

Avec "Gemini", l'ancien bébé rockeur effectue sa mue et devient un chanteur mature. Cet album, il ne voulait pas l'imposer à son groupe, car trop personnel, trop intime. S'il devait définir son nouveau bébé, il dirait que "c'est un album plein de dualité, avec une omniprésence féminine, aussi bien dans les voix que dans les personnages".

L'une d'elles n'est autre qu'Ella Waldmann, sa petite amie depuis déjà quelques années. Si le jeune homme assume cette intrusion de sa vie privée dans son travail, elle l'effraie un peu aussi. "J'ai peur que les gens le perçoivent mal, qu'ils me prennent pour quelqu'un d'arrogant ou de prétentieux ou pour quelqu'un qui se prend pour Gainsbourg parce qu'il fait chanter sa copine". Ou simplement pour quelqu'un de très amoureux.

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