Akhenaton sans IAM : ses rimes brûlent toujours

MUSIQUE

RAP - S'il se produit avec IAM, ce mercredi soir à l'Olympia, à Paris, c'est en solo que Akhenaton fait son retour discographique avec l'excellent "Je suis en vie" (Def Jam). Rencontre avec une légende vivante de la culture hip-hop made in France.

Qu'il rappe avec IAM ou en solo, Philippe Fragione, alias Akhenaton, garde les mêmes lubies. A commencer par une fascination récurrente pour l'Asie, au cœur de son nouvel album, Je suis en vie. "Deux semaines avant qu’on parte jouer au Japon, il y a eu Fukushima", se rappelle-t-il, évoquant ses tentatives, vaines, afin de faire des concerts dans ce tant pays aimé. Les textes de cet opus s’inspirent d’ailleurs du roman La Pierre et le Sabre, d’Eiji Yoshikawa, la vie d’un samouraï obsédé par un besoin de reconnaissance et qui comprend le sens de la vie en observant la nature.

"L’élément déclencheur de l'écriture de cet album a aussi été inspiré à Akhenaton par la nature, ravagée par les flammes. "J’habitais près des collines, à Marseille. Toute la forêt avait brûlé. Voir avancer sur soi des flammes de 25 mètres, c’est super impressionnant, raconte l'intéressé, encore secoué. Des pompiers m’ont demandé de préparer ce qui était important pour moi. J’ai fait un sac avec des disques, des machines pour faire des sons et tous les films et les photos de mon mariage. Sans réfléchir."

"Il n’y a que deux catégories d’humains : les cons et les autres"

Bavard, le rappeur né en 1968 parle volontiers musique et famille. Une partie de la sienne est américaine, issue d’un arbre généalogique qui a ses racines en Italie. Akhenaton, lui, veut transmettre cet héritage métissé à ses enfants, âgés de 14, 16 et 19 ans. "Par mon épouse, leur mère, ils ont des origines marocaines, ils me voient évoluer au sein d’IAM, une équipe venue des quatre coins du monde. Ils sont un mélange. Je leur apprends à être fiers de ce qu’ils sont et à aimer tout le monde", affirme ce papa globe-trotteur, que le discours d’un Eric Zemmour agace beaucoup.

"Pour moi, il n’y a que deux catégories d’humains, les cons et les autres", dit à propos du polémiste cette mémoire vivante de la culture hip-hop made in France. Sur le titre "Tempus fugit", Akhenaton fait ainsi un clin d’œil à Oxmo Puccino en samplant un extrait de sa chanson. "L’Enfant seul". " J’écris des textes pour un public qui aime et comprend la culture hip-hop", explique le rappeur qui se veut critique vis-à-vis d’une société qui ne sait " parfois pas voir ce qu’elle a de bon en elle ". 

Lire et commenter