Album posthume de Johnny Hallyday : mais de quoi parle-t-on exactement ?

ZOOM - Au cœur de la bataille judiciaire entre Laeticia Hallyday et les enfants aînés du rockeur, l’album posthume de Johnny Hallyday est entouré de mystère, voire de fantasmes. Mais tous les indices laissent penser qu’il a supervisé le projet jusqu’à sa mort, le 5 décembre dernier.

Publier une œuvre artistique après la mort de son auteur ? Si la pratique existe dans tous les domaines de l’industrie du divertissement, elle est permanente dans celui de la musique. Pas plus tard que le 9 mars dernier, Sony Music publiait "Both Sides of Sky", le 36e album de Jimi Hendrix depuis sa mort en… 1970. Entre compilations, inédits et enregistrements en live, tous n’ont pas la même valeur. Et aucun d’entre eux n’est sorti avec son accord, le légendaire guitariste et chanteur américain ayant trouvé la mort de manière accidentelle, suite à un abus de barbituriques et de l’alcool.


Pour Johnny Hallyday, qui collabora dans sa jeunesse avec l’auteur de "Purple Haze", le business posthume ne fait que commencer. Et le cas de l’album au cœur de la bataille judiciaire entre sa veuve et ses enfants aînés, bien particulier. Le rockeur en a commencé l’enregistrement en mars 2017, à Los Angeles, annonçant la nouvelle sur Instagram avec une photo où on le voit entouré de ses musiciens. "Fuck Cancer !", écrit-il en légende de ce cliché en noir et blanc datant de 2014 sur lequel on peut notamment reconnaître les guitaristes Robin Le Mesurier et Yarol Poupaud.

Après la tournée des Vieilles Canailles avec Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, au cours de l’été, et une pause en famille à Saint-Barthélemy, Johnny viendra poursuivre le travail sur ce disque en France en septembre, dans un studio de banlieue parisienne, sous l’égide de Yodelice, alias Maxim Nucci, comme en attestent des vidéos postées là encore sur Instagram. Un duo gagnant qui se retrouvait après "De l’amour", sorti en novembre 2015, et qui allait décrocher une Victoire de la Musique et se vendre à plus de 300 000 exemplaires.

Une dernière session avait été prévue en octobre, mais elle fut annulée en raison de l'état de santé de Johnny. Où en étaient-ils lorsque le rockeur est décédé, le 5 décembre dernier ? "Dix titres ont été enregistrés. Puis la maladie est devenue trop forte, il n'a pas pu enregistrer les deux derniers titres, mais il y a quand même dix morceaux", affirmera quelques jours plus tard le journaliste Philippe Manœuvre, ami de longue de date du rockeur, sur le plateau de BFMTV. Selon les informations de LCI, le contrat entre Johnny Hallyday et la Warner stipulait qu'à l'origine, l'album fasse entre 13 et 16 titres. Quid des deux morceaux qui n’étaient pas terminés ? Se sont-ils transformés en pistes instrumentales comme certains le murmurent ? Et surtout le résultat final sera-t-il conforme aux souhaits du défunt ?

L’émission "Sept à Huit", sur TF1, révélait dimanche 11 mars le contenu d’une lettre, adressée à Laeticia le 7 février dernier, au sujet de l’album posthume en question. "Chère Laeticia, nous avons compris que la sortie de l’album serait imminente, papa nous avait fait écouter quelques chansons de façon informelle. (…) Il est indispensable que nous puissions en notre qualité d’héritiers prendre connaissance de ce projet d’album. (…) S'il ne recueillait pas notre accord, nous demanderions que sa sortie soit différée".

La veuve leur répondra de manière catégorique : "De son vivant, mon époux a validé les enregistrements produits et donné son accord à leur commercialisation", assure celle qui, d’après le testament polémique, est désormais l’unique dépositaire des droits artistiques de son mari. Et qui oeuvrait depuis plusieurs années à ses côtés en qualité de "directrice artistique", omniprésente y compris jusque lors des séances d’enregistrement, comme en témoigne une vidéo postée sur Instagram, le 13 septembre. 


Le couple, vraisemblablement filmé par Maxim Nucci dont on entend la voix derrière la caméra, écoute un air de piano à la Jerry Lee Lewis. Figurera-t-il sur le disque ? Là encore le mystère est total tant l’entourage de Johnny, comme la maison de disques Warner, reste murée dans le silence jusqu’ici malgré nos demandes.

S’il se savait gravement malade, et même condamné, cet ultime album de "l’idole des jeunes" ressemble, dans l’esprit, au "Blackstar" de David Bowie, enregistré par le chanteur anglais alors qu’il luttait contre un cancer du foie qui allait l’emporter le 10 janvier 2016, deux jours après la sortie du disque. Conscient de sa mort prochaine, le Thin White Duke s’était même mis en scène sur un lit d’hôpital, dans le clip funeste de la chanson "Lazarus".

Johnny Hallyday avait-il choisi d’évoquer la maladie dans les textes de ses dernières chansons ? Là encore, rien n’a filtré, à commencer par le nom de ses paroliers. Du moins de manière officielle. D’après nos confrères de "VSD", Christophe Miossec lui aurait écrit un morceau consacré à Los Angeles. Une rencontre tardive mais fructueuse puisque le Brestois était l’auteur de sept chansons de l’album "L’Attente", en 2012, dont le très beau "20 ans". Ils avaient par la suite retravaillé ensemble sur "Rester vivant", en 2014, et "De l’amour", en 2015.


Autre mystère, pas encore élucidé : la sortie de l’album. Si, début janvier, la rumeur l’annonçait pour le printemps, c’est désormais la date du 15 juin 2018 qui aurait été cochée. C’est un vendredi, jour de sortie des nouveautés musicales. Mais c’est surtout la date d’anniversaire du rockeur qui aurait eu 75 ans cette année. Une hypothèse qui pourrait, là encore, être bouleversée par la décision du tribunal de Nanterre, qui annoncera le 30 mars sa décision.

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