AUDIO - Ecoutez "Le Vol noir", la chanson anti-FN de Benjamin Biolay

MUSIQUE

SAILLIE - Le chanteur a composé un titre inédit après la soirée électorale qui a vu le Front National triompher aux européennes. Il compare notamment la victoire du parti de Marine Le Pen au "vol noir d'un corbeau".

Benjamin Biolay ne prend pas de gants pour exprimer sa colère. Après avoir déclenché la polémique en évoquant dans une chanson de son dernier album la mort de Jean-Pierre Stirbois, ex-numéro 2 du FN décédé dans un accident de voiture, le chanteur a tenu à réagir après les résultats des élections européennes. "Vous faites des tweets, moi des chansons. Chacun s’exprime. C’est beau", a-t-il écrit sur Twitter au sujet du titre "Le vol noir".

Dotée d'arrangements amples, la chanson exprime son sentiment après la déroute du PS et la première position du Front National, qui a quadruplé son score par rapport au précédent scrutin. "À vous chers disparus ce soir oh si vous aviez vu, ce vieux pays des Lumières choir et tomber sur le cul, comme une tête couronnée sous le quolibet cru. Quand le ciel tombe sur la tête on est toujours pieds nus", chante le musicien, qui parle d'un véritable "cyclone".

"Je ne suis pas un militant anti-FN"

Le refrain, qui emprunte un des vers du "Chant des patriotes", évoque le "vol noir du corbeau sur la plaine" en référence à la nouvelle composition du Parlement européen. Le chanteur compare ainsi cette situation à la domination allemande de l'an 1940 décrite dans le morceau original. "Manque plus qu'un message de l'association des amis des corbeaux", a-t-il réagi sur Twitter. Le chanteur surenchérit sur le milieu politique de façon générale. "A vous les pathologiques menteurs professionnels qui ne savez même pas quel bouton pour qu'on freine. Vous ignorez tout de la matière que vous remuez, mais quand ça éclabousse, nul n'est épargné", entonne-t-il.

Qualifié de "rebelle en peau de lapin" en décembre 2012 par Steeve Briois au moment de la précédente polémique, Benjamin Biolay avait tenu à s'inscrire en faux. "Ce sont des phrases qui me viennent, pas des prospectus politiques, avait-il exprimé. Certes, je suis un militant socialiste, j’ai soutenu François Hollande, mais je ne suis pas un militant anti-FN." Et maintenant ?

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