Avec "Gore", les Deftones prouvent qu’ils sont toujours aussi saignants

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ON ADORE – C’est l’un des rares groupes à avoir survécu, avec grâce, à la vague néo-metal des années 1990. Désormais quadras et pères de famille, les Deftones publient Gore, un huitième opus de toute beauté, où les guitares viriles cotoient les mélodies les plus pures. Metronews a recueilli les confidences du chanteur Chino Moreno, surprenant fan… de Justin Bieber.

Guitares tranchantes et mélodies planantes. Déluge de décibels et arrangements sophistiqués. Gros son qui tâche et silences qui étourdissent. Depuis Adrenaline, leur premier album, il y a déjà plus de 20 ans, les Deftones manient l’art du contraste avec un brio qui fait d’eux l’un des rares groupes survivants de la scène néo-metal. L’un des plus pertinents surtout. "Notre son de base reste le même, mais notre but à chaque disque est d’élargir sa palette", explique le chanteur Chino Moreno, à l’occasion de la sortie de Gore, huitième volet d’une discographie sans faute.

Démons intérieurs et créatures célestes. Amour, haine, luxure et frustration… Comme la musique de ses partenaires, les textes de ce solide quadra californien secouent autant qu’ils cajolent, sans qu’on sache très bien de quoi il en retourne. Ce que le principal intéressé admet bien volontiers. "J’écris les paroles du point de vue d’un personnage, mais je suis incapable à ce jour de vous dire de quoi parle l’histoire (rires). Je réagis à la musique, aux émotions qu’elle me procure, les mots me servent à véhiculer ce que je ressens, même s’ils peuvent paraître totalement abstraits après coup."

Pas des fans de metal pur et dur

Gore est le deuxième album enregistré par le groupe depuis la mort en 2013 de Chi Cheng, bassiste d’origine, dans le coma pendant cinq ans après un grave accident de la route. Si son souvenir resté grave à jamais dans les mémoires, les Deftones ont su aller de l’avant, grâce à la musique d’abord. "On vit la période la plus heureuse de notre carrière, ce qui ne veut pas dire que Gore est un album joyeux", précise Chino Moreno, alors que des rumeurs de brouille avec le guitariste Stephen Carter ont été relayées ces dernières semaines dans la presse. "Notre musique a toujours été le fruit de nos différences. Il y a des hauts, et des bas, comme dans la vie de tous les jours."

Musicalement, le chanteur admet qu’il n’est pas un fan de metal pur et dur comme son vieux camarade de route. "Avec l’âge, mon instinct me guide vers des musiques qui me tiennent à l’écart de la violence du monde. Disons que le matin, j’ai tendance à écouter des trucs très "bruyants", pour me mettre en route, que ce soit Judas Priest ou de la musique électronique très pointue. Pour le reste, ça m’arrive d’écouter Justin Bieber, j’avoue. C’est un bon chanteur et il a la chance d’être entouré par des producteurs très talentueux."

Ils devaient jouer au Bataclan au lendemain des attentats

Le 13 novembre dernier, les Deftones étaient à Paris, pour se produire au Bataclan, trois soirs de suite, après les Eagles of Death Metal. "J’étais à Paris avec ma femme et notre fille", se rappelle Chino Moreno. "Nous avons tellement de bons souvenirs de Paris, depuis nos premiers concerts il y a 20 ans. Quand tu es sur scène, c’est un moment d’abandon, d’innocence. Une évasion. Alors quand l’horreur du monde surgit dans un moment aussi pur… c’est terrifiant. J’ai beau réfléchir, je ne trouve aucun sens à ce qui est arrivé."
 

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