Avec le flamboyant "Boy King", les Wild Beasts prouvent qu’ils ont encore (très) faim

MUSIQUE

ON AIME – Groupe à part dans le paysage rock britannique, les romantiques Wild Beasts se font canailles, voire sauvages sur "Boy King", leur cinquième opus enregistré dans la chaleur du Texas. Metronews les a rencontré pour causer de cette mue aussi réjouissante qu’inattendue.

A chaque nouvel parution des Wild Beasts, c’est un peu même la rengaine. Comment un groupe aussi créatif, sensible et inspiré peut-il rester dans l’ombre des superstars du rock anglais, se lamentent leurs admirateurs ? "Ce n’est pas délibéré, mais c’est vrai qu’on fonctionne sur le bouche-à-oreille", observe le bassiste et chanteur Tom Fleming. "En fait nous sommes un peu groupe d’opposition", précise son complice Hayden Thorpe, voix principale de la formation complétée par le guitariste Ben Little et le batteur Chris Talbot. "Ce qui est plutôt une position privilégiée : nous sommes l’alternative."

Né au début des années 2000 à Kendal, une petite bourgade du nord-ouest de l’Angleterre, ce quatuor fier de ses origines modestes cherche moins à remplir les stades, poings levés, qu’à exprimer avec finesse et précision ses sentiments, entre romantisme échevelé et pulsions inavouées. "Lors de nos premiers concerts, nous étions terrifiés, comme si le monde autour de nous allait s’écrouler", se rappelle Hayden. "Avec l’expérience, le seul moyen de conserver cette sensation de frisson, c’est de se livrer, de se révéler davantage."

"Comme si des végétariens entraient dans une boucherie"

Avec Smother en 2011, puis Present Tense, en 2014, les Wild Beasts ont traversé une phase intimiste, voire minimaliste, effaçant les guitares au profit d’arrangements électroniques mettant en valeur les voix aussi différentes que complémentaires de leurs deux leaders. Boy King, leur successeur, opère un virage groovy savoureux, sous l’impulsion du producteur américain John Congleton qui les a enregistré à Dallas, au Texas, loin de la grisailles londonienne.

"Pour le 5e album, on s’est dit qu’il fallait un changement radical, que c’était le moment où jamais", raconte Hayden, "un peu comme si des végétariens entraient dans une boucherie". Revigorés les Wild Beasts ? "John nous a rendu nos couilles", poursuit plus prosaïquement Tom. "Il nous a redonné du courage, de la confiance en ce que nous faisions. Il voulait que nous soyons plus directs, plus imbéciles, qu’on se prenne moins la tête sur les détails. Il voulait qu’on possède ces chansons."

Du lancinant "Big Cat" à l’orchestral "Dreamliner "en passant par l’énergique "Get My Bang", ce nouvel opus livre une facette plus brute de la musique des Wild Beasts, sans rien perdre de son romantisme initial. "C’est un disque sexy, un peu libidineux", s’amuse Tom. "Masculin, même si c’est aussi soul que rock. Disons qu’il y a une forme de violence, dans l’expression des relations intimes". Ce que confirme Hayden, à sa manière : "Il y a un animal qui sommeille en chacun de nous. On ne le laisse pas souvent sortir. Et là, on l’a laissé rugir." Pour notre plus grand plaisir.

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