Avec "Man of The Woods", Justin Timberlake est-il désormais le "King of Pop" ?

Avec "Man of The Woods", Justin Timberlake est-il désormais le "King of Pop" ?

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DECRYPTAGE - Avec la sortie de son cinquième album, la pop star Justin Timberlake a la possibilité de monter sur le trône laissé vacant par son idole, Michael Jackson. Mais en a-t-il véritablement l'étoffe ?

C’est le genre de moment crucial dans la carrière d’une pop star. Cinq ans après le diptyque "The 20/20 Experience", deux ans après être devenu papa, Justin Timberlake revient sur le devant de la scène avec "Man of The Woods". Un album dont la sortie, vendredi 2 février, précède de 48 heures une performance très attendue à la mi-temps du Super Bowl, à Miami. Première mission : faire mieux que Lady Gaga, suivie l’an dernier par 117,5 de téléspectateurs à travers le monde. Et, pourquoi pas, battre le record détenu par Katy Perry, avec 118,5 millions de téléspectateurs en 2015.


Mais les ambitions du chanteur, qui a fêté mercredi 31 janvier ses 37 ans, ne s’arrêtent pas là. Depuis qu’il a quitté le boys band N’Sync pour se consacrer à sa carrière solo, "JT" a rapidement hérité du surnom de "prince de la pop", en raison de son amour immodéré pour Michael Jackson. Aussi bon danseur que chanteur, le natif de Memphis a, comme son idole de toujours, le chic pour réaliser des shows grandioses et pour tourner des clips plus cinématographiques que la moyenne.

Un pop star sans vrai rival

Et si sa carrière sur grand écran est plus convaincante que celle de Bambi - il était même excellent dans "The Social Network" -, c’est bien grâce à ses tubes, de "Rock your Body" à "Mirrors" en passant par "SexyBack", qu’il est devenu l’un des plus grands "entertainers" de sa génération. L’un des plus grands… tout court ? Son retour intervient en tout cas après la mort d’icônes comme Prince et David Bowie, dont il s’est ouvertement inspiré, hier comme aujourd’hui. Et alors qu’aucun de ses jeunes rivaux, Justin Bieber en tête, ne semble encore capable de tenir la distance.

Pour assoir sa suprématie et devenir le roi de la pop, Justin Timberlake dégaine donc "Man of The Woods", un opus copieux de 16 titres sur lequel il a travaillé près de deux ans avec Timbaland et les Neptunes, à ses côtés depuis "Justified", il y a déjà 15 ans. Dévoilé début janvier, le premier titre et premier single "Filthy" n’a pas fait l’unanimité. Pas assez mélodique pour les uns, pas assez novateur pour les autres… Son R'n’b high-tech, déjà critiqué sur l’album précédent, serait-il passé de mode ?


Après avoir multiplié les titres à rallonge, le chanteur et son équipe semblent avoir été inspirés par le succès du tube "Can’t stop the feeling", enregistré pour la BO du film d’animation "Trolls". Hormis le funky "Midnight Summer Jam", aucun morceau ne dépasse cette fois les 5 minutes. Ce qui ne veut pas dire que le résultat est sans surprise. Mais s’il flirte à plusieurs reprises avec le rock ("Filthy", "Sauce") et la country ("Say Something", son duo avec Chris Stapleton, la nouvelle star du genre), le Timberlake 2018 a surtout le flair pour dénicher le gimmick qui tue.

Un chanteur plus professionnel que subversif

On pense au refrain irrésistible de "Man of the Woods", aux chœurs à couper le souffle de "Higher Higher", au gospel savoureux de "Morning Light" avec Alicia Keys ou encore à la rythmique disco de "Montana", croisement jouissif entre ABBA et les Bee Gees. Il y a plein de morceaux de bravoure au cours de cette superproduction généreuse, dont l’objectif est clairement d’en mettre plein les oreilles à l’auditeur. A défaut de raconter quelque chose ? C’est au fond, et depuis toujours, la limite d’un chanteur bien plus professionnel que subversif.

A l’heure où un rappeur comme Kendrick Lamar tend à l’Amérique un miroir peu flatteur, tout en recevant une pluie de Grammy Awards, et où une Beyoncé incarne un féminisme grand public décomplexé, réglant par exemple ses comptes avec son infidèle de mari à la face du monde entier, Justin Timberlake est un garçon un peu trop propre sur lui pour véritablement incarner son époque. La preuve : interpellé dans les médias par Rose McGowan et Dylan Farrow, la fille adoptive de Woody Allen, il préfère garder le silence au sujet de sa collaboration avec le cinéaste américain sur "Wonder Wheel", qui vient de sortir en France. Quoi qu’il en pense, d’ailleurs..

En vidéo

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Jusqu’ici, le moment le plus rock n’roll de sa carrière reste le fameux Nipplegate, lors du show de Janet Jackson au Super Bowl en 2004. Après avoir dévoilé un sein de la chanteuse au terme d’une performance endiablée, le jeune homme s’était retrouvé au cœur d’un scandale sans précédent dans l’histoire de la télé américaine. L’affaire avait fait grand bruit… et avait reboosté les ventes de l’album "Justified". Attendu au tournant, par ses fans comme ses détracteurs, Justin Timberlake osera-t-il une provocation du même acabit pour faire décoller la carrière de "Man of The Woods" ?

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