Avec "Shake, shook, shaken", The Do donne le "la"

Avec "Shake, shook, shaken", The Do donne le "la"

MUSIQUE
DirectLCI
PORTRAIT – Avec leur troisième album, "Shake Shook, Shaken", Dan et Olivia poursuivent leur quête de la chanson absolue. Les deux complices évoquent l'aventure de l'enregistrement du disque, qu'ils ont voulu plus jouissif que jamais.

Sur la pochette de leur nouvel album, Shake, Shook, Shaken, Dan Levy et Olivia Merilahti s'affichent menottés l'un à l'autre, comme des brigands éreintés après une longue cavale. Façon de dire qu'avec The Do, ils travaillent pieds et poings liés depuis 10 ans. "Il y avait un flic sur le tournage et ça avait du sens, parce qu'on est toujours enchaînés l'un à l'autre en studio, pour le meilleur et pour le pire", confirme la chanteuse franco finnoise.

D pour Dan et O pour Olivia : les deux complices forment le duo le plus excitant de la scène française. Et le plus prompt à toutes les expérimentations sonores et vocales. Tels le Yin et le Yang, les deux amis sont plutôt des opposés qui s'attirent. "On n'est jamais d'accord sur le processus et sur le chemin qu'on emprunte. C'est important de cultiver cette différence, car si on était d'accord sur tout, on ferait sûrement de la musique ennuyeuse", analyse la chanteuse, au look toujours aussi spatial.

Une nouvelle approche "jubilatoire"

Trois ans après l'excellent Both Ways Open Jaws, ce troisième album enregistré en rase campagne dans un vieux garage ouvre de nouvelles perspectives électroniques. Comme avec "Lick my wounds", "Going through walls" ou le très remuant "Despair, Hangover and Ecstasy", "un tube assumé qui porte l'énergie du disque vers le haut". "On avait envie d'un vrai lâcher prise physique, et de mettre l'accent sur le plaisir et moins sur le cérébral, confie Olivia. On ne voulait pas trop intellectualiser."

Pour "sortir la tête" de leur aventure, les deux artistes se sont imaginé qu'ils composaient pour d'autres et se sont autorisé plus de prises de risques. "C'était un exercice de style très stimulant d'aller là où on n'irait pas spontanément", affirme Dan. "Certaines contraintes et restrictions sont très bonnes pour l'inspiration, pour se réinventer et se redéfinir, poursuit Olivia. On ne s'est pas du tout pris au sérieux, et on s'est bien éclatés. C'était tellement jubilatoire qu'on a tout gardé."

Fidèles à leur intransigeance et à leur incroyable liberté artistique, Dan et Olivia se permettent souvent de décliner leurs chansons à l'envi sur scène, où aucune version ne ressemble à une autre. "Faire des chansons, c'est comme réaliser des tableaux, où l'on n'arrive au résultat escompté qu'au bout d'un certain nombre de couches de peintures superposées, philosophe Dan. Ce serait génial de sortir un disque avec toutes les solutions envisagées, ça aiderait plein de gens qui pensent que la chanson arrive en un clin d'œil et ça n'enlèverait rien à sa puissance. C'est comme un jeu de pistes géant." Le message est passé.

Lire et commenter