Avec "The Astonishing", Dream Theater rêve encore plus grand

MUSIQUE
METAL – C'est l'un des groupes les plus admirés de sa génération. L'un des plus ambitieux et imprévisibles aussi : avec "The Astonishing" (Roadrunner), Dream Theater propose un opéra-rock de plus de 2 heures, dont l'intrigue se déroule dans un futur où la musique a disparu. metronews a recueilli les confidences du guitariste et compositeur en chef John Petrucci.

► Un projet de longue haleine
"Le groupe réfléchissait à l'idée de refaire un album concept depuis quelques années déjà. Le dernier, c'était Scenes Fom A Memory en 1999 ! Personnellement je me disais que le point départ serait d'avoir une histoire originale, sur laquelle on pourrait baser toute la musique ensuite. Et pas simplement des bribes d'une intrigue autour desquelles on brode. Tout ça m'a pris plus d'un an, tout en collectant des idées musicales au fur et à mesure. Je me suis inspiré de tout ce que j'aime : des comédies musicales comme Les Misérables et Jesus Chris Superstar, des sagas comme Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones ou Hunger Games. Et à peu près tout ce que fait Disney !"

► Une histoire digne d'un blockbuster
"The Astonishing est une dystopie. Son intrigue se déroule 300 ans dans le futur. Après un événement grave, qui a bouleversé le cours de l'histoire, l'époque est revenue à des considérations futiles comme aujourd'hui. Le monde est constitué d'empires, dirigés par des leaders tyranniques qui oppressent le peuple. Le pire : la musique y est désormais produite par des "Nomacs", des drones flottants qui produisent un son électronique dégueulasse qui rend les gens complètement désemparés (rires). Heureusement, dans un village reculé, un jeune homme est né avec le don de la musique. C'est lui le héros, celui qui va devenir le point de départ d'une révolution basée sur les arts."

► Un album concept taillé pour la scène
"J'avais envie de quelque chose plus grand encore qu'un album concept : un spectacle total au cours duquel nous jouerons l'album en intégralité, avec un orchestre, des choristes, et un environnement visuel qui rendra chaque concert unique pour nous comme pour le public qui nous suit depuis des années. Vous savez nos fans n'attendent pas de nous qu'on joue les tubes mais qu'on leur propose quelque chose de nouveau à chaque fois. Ca tombe bien car à vrai dire nous n'avons jamais écrits de tubes à proprement dits (rires)."

► Des musiciens qui n'obéissent qu'à eux-mêmes
"De mon point de vue, Dream Theater, c'est un peu un groupe de rêve (sourire). En tant que guitariste, compositeur, parolier et producteur, dans quel autre groupe pourrais-je faire autant de choses, avec non seulement des partenaires formidables mais aussi une maison de disques qui nous suit dans chacun de nos projets ? Ma philosophie, depuis toujours, c'est qu'on est seulement limité par sa propre créativité. Pas par la technique qu'on met souvent en avant lorsqu'on parle de ce groupe. Pour moi c'est très simple : lorsque je rêve d'un truc, d'une grande histoire ou d'une idée musicale un peu folle, je veux être capable de la jouer."

► Un groupe qui ressemble aussi à une famille
"Je regardais une vieille photo l'autre jour et à vrai dire nous ne sommes plus que deux depuis le tout début, John Myung (le bassiste – ndlr) et moi. Mais James LaBrie (le chanteur – ndlr) et Jordan Rudess (le claviériste – ndlr) sont eux aussi là depuis un certain temps. Au-delà de la musique, du business, de la carrière, on vit des choses très similaires dans nos vies respectives. Que ce soit les enfants qui grandissent, vont à l'école, s'inscrivent à l'université en même temps... ou bien les moments difficiles comme la perte d'un proche. Forcément ça nous rend très liés."      

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