Avec "Turn Blue", les Black Keys chassent les idées noires

Avec "Turn Blue", les Black Keys chassent les idées noires

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ROCK - Deux ans après le triomphe de l'album "El Camino", les Black Keys publient "Turn Blue", leur huitième album studio. Un opus en clair obscur, inspiré par la vie privée mouvementée du chanteur et guitariste Dan Auerbach. Explications.

De passage à Paris, Dan Auerbach et Patrick Carney nous reçoivent... l'un après l'autre. Que les fans se rassurent, il n'y pas d'eau dans le gaz entre les deux musiciens américains. Seulement, dixit leur entourage, les Black Keys aiment prendre le temps de s'exprimer, sans se couper la parole. Ce qui ne veut pas dire qu'ils racontent une histoire différente. Bien au contraire. Deux ans après le carton mondial d'El Camino, et de l'explosif single Lonely Boy, le duo américain revient en mode spleen avec Turn Blue.

Une collection de 11 chansons, directement inspirées de la vie personnelle du chanteur et guitariste. "J'ai divorcé en plein milieu de l'enregistrement et ça a tout influencé", révèle Dan Auerbach. "Ma façon de chanter, de jouer de la guitare, mes arrangements. J'ai privilégié les accords mineurs et les chansons tristes. En règle générale, ce sont celles que je préfère. Sauf que là, j'ai vécu tout le processus de fabrication de ce disque comme une thérapie, comme jamais auparavant."

"La bonne musique, c'est la bonne musique"

Si l'existence des Black Keys n'a jamais été en danger, le groupe né à Akron, Ohio, au tournant des années 2000, a de son propre aveu vécu l'une de ses périodes les plus difficiles. "Dan était vraiment très mal", reconnaît Patrick Carney, son complice depuis 15 ans. "Je comprenais très bien ce qu'il vivait puisque j'ai moi-même divorcé il y a quelques années. Je l'ai convaincu de finir ce disque, pour qu'il se sente mieux. Et à mon avis, c'est l'un de nos meilleurs. Sinon le meilleur".

Musicalement, Turn Blue renoue avec les sonorités soul de Brothers, récompensé par trois Grammy Awards en 2011. "On s'est vraiment focalisé sur les mélodies", précise Dan Auerbach, dont le chant plaintif évoque ses idoles de jeunesse. "Sam Cooke, les Allman Brothers, John Lennon, Curtis Mayfield... Les trucs que mon père écoutait à la maison lorsque j'étais gamin, sans catégorie particulière. La bonne musique, c'est la bonne musique".

Lana Del Rey, leur nouvelle muse ?

Pas question, en revanche, de céder aux sirènes de l'électro comme de nombreux groupes de rock mainstream. "Ca ne veut pas dire qu'on n'en écoute pas", précise Patrick Carney. "Seulement, on préfère la vieille musique électronique. Celles des pionniers ! (rires)". A l'évocation de la collaboration récente entre Coldplay et le DJ suédois Avicii, le batteur des Black Keys fait la moue. "Ce sont de gentils garçons, on les a rencontrés on en tournée. Leur producteur, Brian Eno, leur a fait découvrir ces sonorités et je pense qu'ils aiment sincèrement ce qu'ils font. Maintenant, ce n'est pas notre came".

Tout l'inverse de la rencontre, encore fraiche, entre Dan et la diva glamour Lana Del Rey. Rien qu'à l'évocation de son nom, l'intéressé s'illumine. "J'ai produit tout son prochain album, Ultraviolence. Elle m'a apporté ses démos qui étaient géniales. Ensemble on a ré-imaginé certaines chansons comme "West Coast". Elle chanteuse merveilleusement bien et, surtout, elle sait créer une atmosphère. Cette fille est une source d'inspiration formidable." À quand la tournée commune ?

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