"Bangerz" : mais que vaut l’album de Miley Cyrus ?

"Bangerz" : mais que vaut l’album de Miley Cyrus ?

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CRITIQUE – A force de la voir toute nue, assise sur une boule d’acier ou en train de lécher un marteau, on aurait presque oublié que Miley Cyrus savait chanter. Plutôt pas mal même si "Bangerz" (RCA), son nouvel album, part dans toutes les directions sans en creuser aucune véritablement.

Maintenant que tout le monde connaît Miley Cyrus sous toutes les coutures, il serait peut-être temps de déshabiller… sa musique. Bangerz, disponible à partir de lundi, est déjà le quatrième album de la jeune femme, le troisième depuis qu’elle a abandonné en 2008 le personnage d’Hannah Montana, la lucrative franchise Disney qui l’a rendu célèbre. Reste qu’avec son récent relooking, et ses provocations à répétition, "Maillee" est une nouvelle artiste pour une grande partie du public. C’était le but de la stratégie marketing, semble-t-il. Reste maintenant à convaincre par le talent.

De ce Bangerz, on connaissait déjà deux titres Le mid-tempo r'n'b "We Can’t Stop" et ses paroles sulfureuses (We can kiss who we want, We can screw who we want – on peut embrasser qui on veut, on peut baiser qui on veut). Puis la ballade rock Wrecking Ball, désormais plus célèbre pour le clip hardcore de Terry Richardson que pour son refrain, au demeurant fort entêtant. Deux morceaux très différents, parmi les meilleurs du lot. Les meilleurs tout court ? Ce serait un peu exagéré…

Elle brouille les pistes d'emblée

L’album s’ouvre avec "Adore You", une ballade dépouillée dont les paroles semblent avoir été écrites avant la séparation de la chanteuse et de son fiancé, le comédien Liam Hemsworth. "I love lying next to you, I could do this for eternity, you and me, We’re meant to be in holy matrimony (J’adore être allongée près de toi, je pourrais faire ça pour l’éternité, toi et moi, nous sommes faits pour les liens sacrés du mariage)". Ce titre, plutôt réussi, brouille d’emblée l’image de Miley. Touchante, pudique, pas trash pour un sou. Bizarre ? La suite ne va guère nous éclairer sur le mystère Cyrus.

Après "We cant’ stop", "(SMS) Bangerz" marque la rencontre entre Miley et sa grande sœur de pop, Britney Spears. Au sommet ? Bof bof. Sur ce vrai-faux duo, qu’on imagine enregistré par clé USB interposée, les deux jeunes femmes baragouinent (rappent ?) un hymne girl power sur un beat sans éclat. On préfère nettement "My Darlin’", un remake électro sensible du "Stand By Me" de Ben E. King avec le rappeur Future, ou bien "4X4", un curieux boogie high tech, produit par Pharrell, sur lequel Miley donne la réplique à Nelly, un autre enfant du Sud.

Pas mal de remplissage, hélas

Comme la plupart des superproductions pop, Bangerz contient son lot de titres de remplissage, parmi lesquels figurent "Love Money Party" avec Big Sean, "GETITRIGHT#", "Drive", "Do My Thang" et la ballade country rock "Maybe You’re Right". On sauvera en revanche "FU", un mid-tempo cabaret qui voit la fille de Billy Ray Cyrus endosser le rôle de la femme trompée.

"Oh I know what’s been going, Don’t even try to act like Mr. Super Nonchalant, What makes you think I’ll stick around, I’m not as stupid as you sound (Je sais ce qui se passe, n’essaie pas de jouer Monsieur Super Nonchalant, Qu’est-ce qui te fait croire que je vais rester, je ne suis pas aussi stupide que tu le laisses entendre". Liam aurait-il fauté ?

Un petit coeur brisé, un avenir radieux ?

Ce morceau, sur lequel figure le rappeur French Montana, sonne presque comme l’anti-thèse de "Adore You". Bangerz, album de rupture ? Une impression confirmée par "Someone Else", le dernier titre.  "If you’re looking for love know that love dont’ live here anymore, He left with my heart, they both walked through the door without me (Si vous cherchez l’amour sachez qu’il ne vit plus ici. Il est parti avec mon cœur et ils sont sortis tous les deux par la porte sans moi).

Les histoires d’amour finissent mal, dit-on. Miley Cyrus en a fait un disque, pas catastrophique, pas transcendant non plus. Celui d’une jeune femme qui se cherche encore, à tous les niveaux. Et dont le potentiel mérite mieux qu’un vilain clash sur Twitter.
 

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