Brigitte : "On prend du plaisir et on l'assume"

Brigitte : "On prend du plaisir et on l'assume"

MUSIQUE
DirectLCI
INTERVIEW – Après le succès de leur premier album "Et vous, tu m'aimes ?", Sylvie Hoarau et Aurélie Saada, alias Brigitte, sont de retour avec "A bouche que veux-tu", un nouvel opus d'une grande sensualité où elles revisitent avec brio les années disco.

On dirait presque des sœurs jumelles. Vêtues à l'identique (pantalon noir, petite veste en jean, repetto blanches), Sylvie Hoarau et Aurélie Saada, alias Brigitte, poussent le mimétisme jusqu'à commander le même thé vert. Souriantes et détendues, elles nous ont donné rendez-vous à l'hôtel Amour, dans le 9ème arrondissement de Paris. Un lieu qui colle parfaitement au thème de leur nouvel album, A bouche que veux-tu ?, qui sera dans les bacs le 17 novembre.

Votre nouvel album est plus festif, moins intimiste que le précédent. Etait-ce une volonté ?
Aurélie Saada : Oui, car on avait vraiment envie de faire quelque chose de très généreux en terme de production avec des cordes, des cuivres. D'y aller franchement. D'où le titre A bouche que veux-tu, qui signifie avoir tout ce qu'on désire avec abondance. C'est un album que avons entièrement produit. Et plutôt que d'aller à New-York avec un super producteur à la mode, on a préféré garder les musiciens avec qui on avait travaillé sur Et vous, tu m'aimes ?.

Vous avez également abandonné votre look hippie chic pour celui de disco...
A.S. : C'est quelque chose qui nous fascinait quand on était petites. On a fantasmé sur Diana Ross ou Donna Summer. Et même sur Michael Jackson. On s'est vraiment mises en danger sur ce disque car on n'a pas eu envie de se répéter. Mais proposer quelque chose de sexy c'est toujours délicat car on ne sait jamais comment les choses vont être perçues.

Vos chansons parlent encore de la féminité. Est-ce une source d'inspiration intarissable ?
Sylvie Hoarau : C'est plus facile de parler de ce qu'on connaît. L'autre jour, on m'a demandé si c'était un album pour les femmes. Mais pas du tout ! Que les femmes se reconnaissent dans ce qu'on raconte c'est normal, mais il n'y a pas la volonté de mettre les hommes de côté.

A bouche que veux-tu est un véritable voyage musical. Avez-vous eu envie de toucher à tout ?
S.H. : C'est vrai qu'on a des titres très différents : un instrumental, d'autres très longs, des mélodies alambiqués et même un reggae... Mais le point commun est la sensualité des rythmiques. Cet album est plus dansant que le précédent. On continue de s'autoriser à faire ce qui nous plait. C'est tellement libérateur. A bouche que veux-tu est un album qui parle de liberté et de jouissance.

Est-ce un album plus mature ?
A.S. : C'est le fruit de notre évolution. Le premier album c'était l'histoire de deux femmes qui devaient se battre pour sortir la tête hors de l'eau. Il y avait quelque chose de l'ordre de la survie. Et celui là, c'est l'étape d'après. Maintenant on prend du plaisir et on l'assume.

Pensez-vous un jour rechanter chacune de votre côté ?
A.S. : Non, pourquoi se séparer ? C'est tellement plus agréable d'être à deux dans la vie ! Brigitte c'est une véritable histoire d'amitié.
S.H. : Quand on a découvert à quel point nos voix s’imbriquaient, chanter est devenu tellement grisant. Moi je me sens vide toute seule. Ensemble on fait un bloc, on est plus fortes.

Vous êtes très fusionnelles. Reste-t-il de la place pour les hommes quand même ?
S.H. : (Rires) Moi j'ai deux couples : un avec mon mari et un autre avec Aurélie ! D'ailleurs j'appelle la maman d'Aurélie "belle maman".
A.S. : Bien sur qu'il y a de la place pour les hommes, on les aime tellement ! Mais on a eu besoin de se libérer d'eux pour nous prouver qu'on était capables de créer, de composer, de produire et même de faire des clips toutes seules. C'est ce qui transparait dans nos chansons : on peut être toutes ces femmes à la fois. On a beaucoup plus de force, de sensualité et de plaisir qu'on imagine.

A bouche que veux-tu, dans les bacs le 17 novembre.

Lire et commenter