Charles Aznavour veut repeupler les villages français avec les minorités menacées au Proche-Orient

MUSIQUE

DÉBAT - Affecté par la situation des minorités religieuses au Proche-Orient, Charles Aznavour est monté au créneau dans le Figaro. Le chanteur propose dans son appel qu'ils puissent trouver refuge dans des villages français frappés par la désertification.

"C'est une idée simple", "apolitique" qu'expose Charles Aznavour dans une tribune au Figaro mercredi. Le chanteur s'est exprimé dans le quotidien au sujet de "ces chrétiens, ces Kurdes, ces yazidis, ces musulmans et ces Arméniens" , -souvent oubliés selon l'artiste, lui-même d'origine arménienne-, persécutés en Irak et en Syrie. Ils devront probablement quitter ces pays. "Pour aller où ?", demande-t-il justement. En France, dans des zones qui ne séduisent plus les habitants.

Au cours de ses récentes pérégrinations dans l'Hexagone, le chanteur globe-trotter a été frappé de "découvrir de charmants villages, (...) totalement à l'abandon". L'idée serait que ces hommes et ces femmes redonnent vie à ces lieux en perdition. "Ils auraient pour obligation de les reconstruire, de les faire revivre, de labourer à nouveau des terres dont la fertilité ne fait aucun doute. Ils pourraient ainsi vivre en paix, quasiment en autarcie", affirme l'interprète de "La Bohème".

Aznavour, un homme engagé

Charles Aznavour a pensé à tout, même aux questions d'argent. Plutôt que d'organiser des concerts caritatifs, il fait une proposition "plus sûre", "plus rapide", "et sans doute beaucoup plus économique" : "dégager des sommes, relativement modestes, pour acheter le matériel dont ils ont besoin pour se mettre au travail. C'est tout."Aznavour en est sûr, tous ceux qui viendront ont un métier, leur "professionnalisme mérite des louanges".

En ambassadeur d'Arménie en Suisse, où il réside, l'homme de 90 ans répond, "en particulier, de ses compatriotes" : "Je sais qu'ils sont très travailleurs". Pour lui, ces populations sauront s'intégrer, puisqu'il dit les soupçonner "de parler très bien notre langue, couramment enseignée dans leurs écoles ." Déjà en contact avec les autorités suisses, l'artiste conclut en se disant "prêt à soutenir personnellement et physiquement, s'il le faut, une action qui se veut résolument apolitique", prêt à retourner en Syrie "pour parler". Et souhaite que la France agisse et confie le plus vite possible ce dossier "à un chargé de mission officiel". L'idée sera-t-elle retenue par les dignitaires français ?

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