Charles Pasi, méfiez-vous des apparences

MUSIQUE
INTERVIEW – C'est la sensation du moment. Avec son troisième album, "Sometimes Awake", Charles Pasi sort enfin de l'ombre. A 30 ans, le jeune chanteur nous livre un opus d'une grande délicatesse où se mêlent parfaitement soul, pop et blues. Rencontre.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Charles Pasi n'est pas un jeune premier. A 30 ans, ce musicien de talent s'apprête à conquérir le cœur du grand public avec son dernier album, Sometimes Awake, un disque envoûtant qui mêle habilement pop, soul et blues. Et recèle de petites pépites comme A man I know, une pure merveille qui nous fait chavirer. S'il sort enfin de l'ombre aujourd'hui, voilà plus de 10 ans que l'intéressé bourlingue et chante partout où il peut. Qu'il se produise dans des bars, des festivals, des maisons de retraite, face à des handicapés mentaux ou même des accidentés de la route, il est animé par la même passion.

"Comme j'ai j'ai découvert la musique tardivement, vers 16 ans, j'ai eu une sorte de boulimie, confie le jeune homme. Je me suis mis à écrire des chansons et à apprendre l'harmonica." Un drôle d'instrument sur lequel il a bossé comme un acharné pour apprendre à le dompter. "Ça ne paie pas de mine, mais on peut faire des choses incroyables avec. C'est un instrument qui me plait car il nous dit de nous méfier des apparences", sourit l’intéresse qui sait de quoi il parle.

Une voix de crooner

Car le physique de jeune premier de Charles Pasi ne colle pas vraiment avec sa voix éraillée de vieux crooner. "Dans les festivals où je me produisais, les gens m'avouaient après coup qu'ils avaient eu peur en me voyant débarquer sur scène. Avec mes cheveux en pétard, ils me prenaient pour un refoulé de la Star Ac qui allait leur jouer du pop rock commercial !".

Pas à pas, le jeune musicien avance, réalise un premier disque seul à 22 ans (Mainly Blues), prend de l'assurance. Il arpente la planète et se fait remarquer dans un concours des meilleurs albums de blues du monde, à Memphis, où il se retrouve parmi les cinq finalistes. Sa musique touche tellement ceux qui l'écoutent que les dates de concert s'enchaînent. Espagne, Russie, Japon, Brésil, Angleterre, le jeune Charles ne s'arrête plus.

"Le succès éclair c'est effrayant"

La machine est lancée. Il sort un deuxième album en 2010, Uncaged, mais c'est Sometimes Awake, son troisième opus qui le propulse sur le devant de la scène. "Le téléphone n'arrête pas de sonner, s'étonne le jeune homme. Je ne sais pas pourquoi ça arrive maintenant. J'ai envie de croire que c'est parce que j'ai progressé et que cet album est le plus abouti", explique ce gros bosseur. Charles Pasi est peut-être un doux rêveur mais il a les pieds sur terre. "Le succès éclair, c'est effrayant. Passer directement du bar au million d'albums vendus, c'est vertigineux. Je pense qu'on perd vite ses repères."

Né à Paris d'un père italien et d'une mère française, il a choisi de chanter en anglais. "Parce que c'est la langue par laquelle j'ai aimé la musique. Petit, j'écoutais en boucle Percy Sledge ou BB King. Quand je me suis mis à écrire c'est venu spontanément en anglais. Et puis j'aime bien avoir une distances avec ma langue de tous les jours. On dit les choses autrement, on pèse les mots." Ne pesons pas les nôtres : un phénomène est né.

Charles Pasi est en concert mercredi 12 novembre à La Cigale, à Paris. Et en tournée dans toute la France.

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