Charlie Winston : "J'aime l'idée de déboussoler mon public"

Charlie Winston : "J'aime l'idée de déboussoler mon public"

INTERVIEW - Quatre ans après son précédent opus, Charlie Winston s'ouvre de nouvelles perspectives avec "Curio City". Un disque éclatant qui s'éloigne de la folk cabossée des débuts du chanteur britannique, toujours aussi méconnu dans son propre pays.

Peut-on parler de nouveau départ pour ce troisième album, qui s'affranchit clairement de vos débuts ?
Même si chaque disque est un nouveau départ pour moi, j'avais besoin d'ouvrir de nouvelles portes. Les six dernières années ont été incroyables et j'ai vraiment l'impression d'être une personne différente. J'ai beaucoup mûri et récemment j'ai découvert en moi toute une ville cachée, avec de nouveaux paysages. C'est pour ça que j'ai appelé l'album "Curio City". J'ai compris qui j'étais devenu et je voulais explorer ma facette britannique. Je suis retourné à mes racines et j'ai compris que ça m'avait manqué.

D'où l'évolution en terme de sonorités...
Oui, par exemple, je me suis même mis en tête de réussir une chanson "à la U2" avec "Say something". J'ai passé beaucoup de temps dans des pays étrangers, maintenant je veux ressembler à ce qui passe à la radio en Angleterre, même s'il y a beaucoup de nullités. J'ai lu beaucoup de blogs et de magazines spécialisés, je voulais faire partie de la culture contemporaine. Je veux arrêter de me comparer à des artistes du passé, même si je suis conscient que certains jeunes ne vont pas durer éternellement. J'ai surtout pris le pouls de la musique anglaise aujourd'hui.

Ressentez-vous le besoin de vous détacher de l'image du chanteur ?
Je voulais écrire un opéra et commencer mon troisième album, mais j'avais trop de projets en tête, donc ça m'a mené nulle part. C'est comme si la vie me disait de profiter de mon temps, de ne pas forcer les choses. J'ai réalisé à quel point je partais dans tous les sens avant de devenir Charlie Winston. Je me suis rendu compte que c'est un sacrifice d'être cantonné à une seule case et une seule fonction. A partir du moment où on connait le succès d'une certaine façon, c'est difficile de revenir en arrière. J'avais besoin de faire mes preuves et de faire évoluer mes chansons. Je ne suis pas qu'un chanteur de folk !

"Un artiste se doit d'être provocateur"

Considérez vous que vous prenez un risque avec cet album ?
Non le risque serait de continuer dans le même style que "Like a hobo". Dans ce cas là, je serais un homme mort. Alors que là, c'est l'opposé, je me sens vivant et utile. On peut très bien détester mes chansons, mais je sais ce que je fais, et ça me rend heureux. Ça m'excite beaucoup de déboussoler mon public avec cet album, j'aime aussi le fait que ça va éloigner une certaine partie des gens. C'est comme ça qu'un artiste doit être, déterminé et provocateur, plutôt que soumis.

Pourquoi ne vous êtes vous pas installé durablement à Paris ?
J'avais du mal à vivre la notoriété au quotidien. C'est difficile de se faire des amis quand tout le monde veut sa part. Je n'arrivais pas à boire des coups dans un bar sans attirer la curiosité. Je suis quelqu'un qui aime discuter avec les gens, et c'était rarement possible, parce qu'on voulait toujours me prendre en photo ou savoir où était mon chapeau. Je me suis retrouvé dans de drôles de situations avec des gens éméchés qui devenaient agressifs avec moi.

Regrettez-vous de ne pas être davantage reconnu dans votre pays ?
J'aimerais beaucoup collaborer avec certaines personnes et c'est plus facile quand on connait vraiment son travail. C'est aussi pour ça que je suis revenu dans mon pays, je n'ai pas forcément envie de travailler uniquement avec des Français. J'aimerais produire des artistes anglais. Aujourd'hui, je suis un peu frustré, mais j'adore aussi le fait de pouvoir vivre de ma musique. Il ne faut pas oublier que je suis un artiste, j'aimerais avoir tout à la fois ! (rires)

En tournée à partir du 19 mars, en concert à la Cigale, Paris XVIIIe, le 31 mars et le 1er avril.

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