Comme prévu, Justin Bieber a fait crier Bercy

MUSIQUE

ON Y ÉTAIT – Le Canadien a offert un show millimétré aux décors impressionnants mais sans âme aux 20.000 spectateurs en transe de l’AccorHotels Arena. On aura appris deux choses : que le Biebs n'a pas le vertige. Mais un gros penchant pour le playback.

Assister à un concert de Justin Bieber, c’est un peu comme aller chez l’ORL. Un bon moyen de vérifier son audition. Le public est déjà nombreux à quelques minutes du début du premier concert parisien du Purpose Tour, mardi soir, dans un AccorHotels Arena qui affiche complet. Et avant même l’arrivée du Canadien, ça crie. Beaucoup. Une publicité Calvin Klein mettant en scène le Biebs en petite tenue, diffusée entre deux premières parties un peu longuettes, suffit à déclencher les hurlements et à chauffer une salle qui n’en avait pas vraiment besoin.

A 21h30, les lumières s’éteignent pour la troisième fois. C’est la bonne. Justin Bieber débarque enfermé dans un grand cube transparent qui du sol s’élève vers les hauteurs de la salle. Redevenu brun, il n’a plus rien du blond platine qui s’affiche dans les écrans géants. On se demande même où il a bien pu dégotter sa garde-robe du soir. Des t-shirts XXXL qu’il a adoptés il y a déjà quelques temps, avec un logo, "Purpose", du nom de sa tournée, inscrit sur son pantalon de jogging. Ou tout simplement "Bieber", écrit dans son dos dans une calligraphie qui rappelle le groupe Metallica.

Le Canadien devient alors le meilleur VRP de la machine Bieber qui écrase tout sur son passage depuis six ans. Pendant un peu plus d’une heure et demie, les danseurs tombent du ciel accrochés à leur fil, les scènes se soulèvent et redescendent, les titres de son excellent dernier opus "Purpose" s’enchaînent. Justin Bieber montre tous ses talents de musicien – démonstration de guitare et de batterie à la clé -, de danseur et même d’acrobate en tentant un salto sur un trampoline géant installé au-dessus de la fosse. La foule est conquise et en redemande à coups de "Justin, Justin !". 

Il manque pourtant un petit quelque chose. Une interaction avec son public, justement. Un premier et timide "merci", en français dans le texte, arrivera au bout de trois chansons. Et puis il y a cet amour certes assumé mais beaucoup trop présent du playback. "C’est passé tellement vite, j’ai l’impression qu’il n’a chanté que deux chansons", glissera une des spectatrices à la sortie. Dans les faits, ce n’est pas totalement faux. 

En dehors d’une très jolie session de trois titres acoustiques, dont le tubesque "Love Yourself", une très grande partie des morceaux sont assurés par la bande-son. Justin Bieber ne s’en cache même pas, préférant danser micro en main sur de longs passages de "As Long As You Love Me" et "What Do You Mean ?" alors que sa voix résonne  pourtant dans l’ancien POPB. Ce n’est peut-être pas un hasard alors s’il est venu clore son show par "Sorry", pris sous une forte pluie. Est-il trop tard pour dire que tu es désolé ? Allez, sans rancune Justin. 

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