Corey Taylor : "Avec la musique de Slipknot, je ne sais jamais à quoi m'attendre"

MUSIQUE

COME-BACK – Groupe de référence de la génération néo-metal, Slipknot a failli mettre la clé sous la porte après le décès de son bassiste et fondateur, Paul Gray, il y a plus de quatre ans. Et puis non. Bien lui en a pris. Avec son cinquième opus, la formation masquée est entrée à la première place des charts US avec l'un des meilleurs albums metal de l'année. Metronews s'est entretenu avec son excellent chanteur, Corey Taylor.

Slipknot revient de (très) loin. Le 24 mai 2010, le groupe américain était frappé de plein fouet par la mort de son bassiste, Paul Gray , victime d'une overdose alors qu'il s'apprêtait à devenir papa. Un drame terrible, que la formation mettra de longs mois à surmonter, d'une bouleversante conférence de presse à un premier concert, un an plus tard en Grande-Bretagne, sans le défunt.

"Ce jour-là, nous avons ressenti la formidable ferveur des fans" raconte à metronews Corey Taylor, l'intense chanteur de la formation. "Ils étaient là pour nous, et nous nous devions d'être là pour eux. Enregistrer un nouveau disque a pris plus de temps, c'est vrai. Chacun d'entre nous avait besoin de faire son deuil. Qu'il éprouve de la colère, de la tristesse, de l'amertume, de la culpabilité, peu importe".

Des hommes sensibles derrière les masques

Fin 2013, le groupe se remet au travail, sans le batteur Joey Jordison, évincé pour des motifs obscurs que ses anciens partenaires refusent aujourd'hui de commenter. Sorti fin octobre, l'album .5 : The Gray Chapter, est l'un des tout meilleurs de la carrière de Slipknot. L'un des plus intimistes, forcément, les musiciens ne pouvant dissimuler leurs émotions en dépit des masques de films d'horreur qu'ils arborent depuis le début de leur carrière, à la fin des années 1990.

"Toutes les nouvelles chansons sont imprégnées, de près ou de loin, par la disparition de Paul", observe Corey Taylor. L'une des plus émouvantes, 'Goodbye' "est inspirée par l'instant précis où j'ai appris sa mort. Pendant l'enregistrement, c'était parfois très dur, presque trop réel. Et puis curieusement, à force de travailler avec lui toutes ces années, c'est comme s'il était là, dans un coin du studio, à regarder par-dessus nos épaules."

>>>  A lire aussi : la critique de l'album 5. The Gray Chapter

Vocalement, le leader du groupe est plus impressionnant que jamais, passant d'un extrême à l'autre avec une aisance déconcertante. A tel point qu'on a régulièrement la chaire de poule, qu'il éructe comme un diable ou qu'il dégaine le refrain le plus fédérateur. "9 fois sur 10, c'est la musique qui m'inspire les paroles et la façon de chanter", révèle Corey Taylor.

"Slipknot, c'est un son unique, à un mélange de mélodies accrocheuses et de plans hyper techniques. Je ne sais jamais à quoi m'attendre lorsque je découvre le travail des musiciens. Cette fois, le challenge était encore plus excitant puisqu'il convenait d'honorer la mémoire d'un homme qui avait crée ce groupe et qui en était le premier fan."

Le rock n'roll, ça conserve

Outre-Atlantique, le public a fait un triomphe à ce cinquième opus, offrant au groupe son deuxième album n°1 consécutif après All Hope Is Gone, en 2008. Presque une anomalie à l'heure où les chanteuses pop – Taylor Swift , Ariana Grande et autre Meghan Trainor – trustent les sommets des classements. Slipknot sera-t-il longtemps en mesure de lutter ?

"Je viens d'avoir 40 ans et se produire avec un tel niveau d'intensité n'est pas aussi facile qu'avant", observe le chanteur, dont la formation jouera au Zénith de Paris, le 29 janvier prochain. "Si on doit s'arrêter un jour, j'espère que ce sera notre décision. Pas celle d'un tiers. Mais avec cet album, je crois que nous avons prouvé que nous en avions encore sous le pied !".
 

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