Disiz, rappeur lucide... et utile

Disiz, rappeur lucide... et utile

MUSIQUE
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RENCONTRE – Disiz sort ce lundi son neuvième album "Transe-Lucide". Après 15 ans de carrière, il se livre en quatorze titres qui feront date. Metronews s'est entretenu avec le rappeur.

"Je me vois rapper vieux", affirme tranquillement Disiz, son thé à la main. Sérigne M'Baye - le vrai nom de l'artiste - est à la fois sérieux et détendu pour parler de son nouvel album Transe-Lucide. Quatorze titres, dont la musique instrumentale chope son originalité aux années 80, à l'électro et au hip-hop US actuel pour en faire un mélange harmonieux. Les textes de cet éternel résident du quartier où il a grandi à Évry montrent qu'il en est aussi un observateur scrupuleux, comme dans "Banlieusard syndrome".

"Je veux montrer l'envers du décor et lutter contre une certaine 'glamourisation' de certaines réalités sociales difficiles", prévient-il. Le jeune homme de 22 ans, à qui on prédisait un destin de Will Smith à la française et qui cartonnait avec le morceau drôle et acéré "J'pète les plombs" a bien changé. "Déjà à l'époque, je portais mon regard sur des thèmes sérieux", rectifie celui qui dit faire du "rap utile". Un artiste âgé de 35 ans, passé par des hauts et des bas dans sa carrière et qui pensait signer son dernier album hip-hop avec Disiz the end en 2009.

Toute la vérité, rien que la vérité

"J'ai passé mon bac, fait du droit et un album aux influences pop-rock, écrit deux romans", raconte le père de quatre enfants. Une longue pause rompue grâce à ceux qui le suivent. "Je me suis rendu compte que j'avais un public qui me suivait, au-delà des étiquettes qu'on a pu me coller." En mars 2012, il signe alors Lucide, un mini-album sorti de manière indépendante, un succès, vecteur de son retour en grâce. Transe-Lucide, dernière partie de la trilogie composée aussi de Extra-Lucide datant d' octobre 2012, raconte l'itinéraire de cet enfant de la musique pas toujours gâté.

Parfois par sa faute, il l'avoue. Ici, de sa vision des médias en France, à ses erreurs (comme dans le morceau "Kadija", où il évoque l'adultère), Disiz dit tout. Fortement inspiré de la biographie du célèbre activiste afro-américain Malcolm X car "son parcours me touche profondément", cette démarche d'authenticité est symbolisée par le lotus, la fleur ornant son visage sur la pochette de l'album. "Elle naît dans la terre, pousse, évolue dans l'eau et s'épanouit dans le ciel." Pas mieux pour dire son chemin, entre ombre et lumière.

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