"Drones", la critique : avec son nouvel album, Muse montre (enfin) ses muscles

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ROCK – Sur son 7e album, Muse poursuit son exploration romantique des sentiments paranoïaques, avec une rage rarement autant déployée. Une odyssée lyrique et politique qui pourrait bien réconcilier les fans invétérés et les nostalgiques de sonorités électriques.

Ils étaient attendus au tournant. Après plusieurs albums qui ont dérivé vers une pop très légère, Muse se devait de rectifier le tir au risque de perdre définitivement de vue une partie de ses admirateurs. Après l'introductif "Dead Inside", le septième opus du trio britannique, intitulé Drones, se poursuit sur des bases survoltées avec "Psycho" et son riff ravageur, déjà utilisé sur scène par Matthew Bellamy depuis plusieurs années. De quoi logiquement réconcilier les nouveaux fans des plus anciens. Lors de la mini-tournée britannique en mars, le groupe a d'ailleurs rejoué des très vieux morceaux qui avaient disparu de la circulation comme "Uno", "The Groove" ou "Assassin".

Une atmosphère très sombre

On retrouve donc sur l'album des morceaux virulents comme "Reapers" ou "The Handler" , remplis d'une rage rarement entendue auparavant. Il faut dire que le thème central de cet album concept – la mainmise de l'intelligence artificielle sur des âmes en perdition – incite à la noirceur et éloigne nécessairement toute légèreté. Avec des titres fleuves comme "The Globalist" (10 minutes) ou "Aftermath", le groupe va jusqu'au bout de son ambition de faire un disque expérimental, même s'il lâche du leste avec des titres plus pop comme "Mercy" ou "Revolt", davantage calibrés pour les ondes.

C'est tout le paradoxe de Muse, qui ne peut plus se permettre de faire totalement machine arrière et doit forcément injecter quelques éléments mainstream dans des sonorités plus alternatives. Comme souvent, le fantôme du fantasque Freddie Mercury n'est jamais très loin, surtout sur le puissant "Defector" et ses chœurs harmonieux, mais également dans l'engagement très lyrique. Un seul regret : cette odyssée antimilitariste pêche parfois par une abondance de candeur et de bons sentiments. Reste un déluge de riffs explosifs et une atmosphère insidieuse qui devraient se montrer à la hauteur lors la prochaine tournée.

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