Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, une bouffée d'été à l'Olympia

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, une bouffée d'été à l'Olympia

MUSIQUE
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CONCERT - Le groupe californien emmené par Alex Ebert a pris d'assaut la mythique salle mardi soir. Un concert enthousiasmant devant une audience conquise, que metronews vous raconte.

“Edward Sharpe and the Magnetic Zeros”. Le nom à rallonge s’étire mardi soir sur la façade de l’Olympia, presque trop étroite pour accueillir la tête d’affiche du jour. Ou plutôt, les têtes d’affiche : la scène du mythique music-hall accueille en effet le collectif emmené par le génial Alex Erbert. Une bande de hippies californiens un peu foutraques mais bien décidés à exporter leur folk estival au cœur de l’hiver parisien pour défendre son troisième album*.

Après une première partie assurée par le moustachu Foy Vance - auteur d’un blues que le public délaisse vite au profit du bar -, la troupe des Magnetic Zeros débarque au compte-gouttes. “Mais ils sont combien? Douze je crois… Ah non, onze !”, s’étonne une jeune fille alors que Alex Erbert fait son entrée. Manteau taille XXL, t-shirt délavé et grosse tignasse, le chanteur semble tout droit sorti de son lit. Son réveil sera radical : après s’être chauffé sur une reprise de Nina Simone (“I ain’t got no / I got life”), le groupe entonne “40 Day Dream”. Un titre ravageur au refrain hyper-efficace porté par la partir rythmique avec ses deux batteries, qui ouvrait Up from Below, leur premier album sorti en 2009.

La bonne parole

Si Alex Ebert captive les regards, sa bande se révèle toutefois bien plus qu’un chanteur charismatique accompagné de musiciens. Le leader est en effet assez humble pour se mettre en retrait afin de laisser la lumière à ses camarades, à commencer par Jade Castrinos, seconde voix du groupe... quand ce n'est pas le public lui-même qui entonne les morceaux. Car le micro se retrouve facilement entre les mains d'un spectateur, ("I don’t wanna pray"), quand ce n'est pas l'audience qui choisit quelle chanson elle souhaite entendre ("Forever", "Black water"). Une communion avec son public qui a cependant comme effet de faire retomber doucement la folie en milieu de concert. Un petit moment de battement vite balayé par des morceaux fédérateurs tels que "Janglin’" et leur hymne "Home".

Si a première vue, Alex ressemble plus à un bon gars qui cultive son potager dans le sud de la France, il n’en est pas moins un excellent chef d’orchestre. Résumer Edward Sharpe and the Magnetic Zeros à un groupe de folk serait bien réducteur. Soul, jazz ou rock, ces hippies ne s’interdisent rien. Figure messianique pleinement revendiquée, Edward Sharpe a apporté la bonne parole à l’Olympia le temps d'un soir.

*Edward Sharpe & The Magnetic Zeros - Edward Sharpe & The Magnetic Zeros
(Beggars - Island, Universal)

Photos du concert sur le site afterdepth.com

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