Faut-il écouter l'album solo d'Adrien Gallo (BB Brunes), "Gemini" ?

MUSIQUE

POP – Le leader des ex-baby rockeurs se lance en solo avec "Gemini", composé de chansons vaporeuses et évanescentes à mille lieues de ses débuts électriques. Faut-il craquer pour ce virage assez ambitieux ?

Oui pour l'audace du projet
Adrien Gallo n'a plus grand-chose à prouver avec son groupe, les BB Brunes, qui ont eu l'occasion de déployer une palette assez large sur trois albums. Le chanteur au physique longiligne aurait pu continuer de remuer le microcosme du rock français avec ses chansons accrocheuses. Au contraire, il n'a pas choisi la facilité en sortant son premier album solo à seulement 25 ans, avec des musiciens chevronnés comme le bassiste Jannick Top, ancien complice de Michel Berger et de France Gall.

Non pour des références trop visibles
Adrien Gallo l'avoue aisément. Pour son premier album solo, le chanteur s'est directement inspiré des années 1980 et de chanteurs comme Etienne Daho, Serge Gainsbourg ou Eli et Jacno. Le Parisien forme d'ailleurs un duo de charme avec sa petite amie Ella Waldman, mannequin au doux timbre, sur des titres vaporeux comme "Crocodile", "Beaurepaire" ou "Monokini". Le problème, c'est qu'on lit trop entre les lignes de certaines chansons, qui sont loin de révolutionner le genre.

Oui pour un Adrien Gallo plus nuancé
Après des débuts tonitruants sur la scène rock parisiennes, les BB Brunes avaient calmé le jeu sur leur troisième album, Long courrier, beaucoup plus pop et tonique. Adrien Gallo prend cette fois le pari de chansons évanescentes, presque murmurées, comme "Copacabana". De quoi montrer une autre facette du talent très prometteur de celui qui a déjà écrit pour Vanessa Paradis, Sophie Tith ou Alizée.

Non pour des chansons passe-partout
Difficile de faire mieux que des tubes comme "Dis-moi", "Lalalove You" ou encore "Coups et blessures" . A défaut de se surpasser, Adrien Gallo fait un pas de côté mais peine à convaincre avec des mélodies un peu fades et anecdotiques. Hormis quelques titres qui sortent du lot, comme "Mea Culpa", "Atlas" ou "Cornet glacé", le disque se révèle trop froid pour envoûter.

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