Fauve, chronique d'un phénomène

Fauve, chronique d'un phénomène

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ZOOM - Le groupe français Fauve publie son premier album, intitulé Vieux frères. Un disque qui vient entériner l'euphorie autour du projet depuis plusieurs mois. Décryptage d'une situation quasi unique dans l'histoire de la musique française.

On a l'impression d'avoir déjà tout entendu sur Fauve. Génies visionnaires pour les uns, imposteurs pour les autres, le collectif parisien suscite un vif débat depuis la parution en 2013 de "Blizzard". Un EP véhément qui reflète les espoirs et les déchéances d'une jeunesse aux abois. En 2014, la formation poursuit sur sa lancée avec Vieux frères, un premier album en forme de manifeste et une tournée historique. Décryptage d'un carton annoncé.

L'électrochoc "Blizzard"
Avec un seul EP de six titres, Fauve a réussi à inscrire son nom au panthéon des coups d'éclat de la musique. "On a eu parfois l'impression d'être dépassé par le projet, donc on a beaucoup ralenti la cadence au sujet des sollicitations. On ne voulait pas que les gens saturent alors qu'il ne s'agissait que d'un EP, on rougissait de ça, on trouvait ça déplacé", racontent-ils. Heureusement, ce succès a servi de thérapie pour les garçons. "Ça nous a beaucoup consolidé, redonné une estime de nous même. On s'accepte dans nos vies respectives grâce à Fauve, ce n'est pas une fin en soi, c'est une soupape. On est plus dignes qu'avant."

Une aventure à dimension humaine
Le succès du groupe Fauve repose également sur sa simplicité et son humilité. Le combo a ainsi créé son propre label pour produire sa musique, enregistrée dans une maison de campagne, à défaut d'un studio plus sophistiqué. "On n'est pas dans une logique mercantile ou d'efficacité. Ce qui compte pour nous, c'est de produire quelque chose qui nous ressemble. On s'en fiche d'avoir le son de Dr Dre." Dans le même esprit, Fauve reçoit les journalistes à domicile, un cadre authentique à l'image de leur philosophie de vie. "On est des gens normaux, toujours un peu mal à l'aise en public, décrivent-ils. Nous les blaireaux de base, on se retrouve à faire un truc rock'n'roll. On ne se pensait pas candidats à ce genre de trucs !"

Un groupe anonyme
Si Fauve sera omniprésent sur les routes de France cette année, vous ne les verrez jamais sur un plateau de télévision pour défendre leur premier album Vieux frères. Depuis la création du groupe, les garçons refusent en effet d'apparaître à visage découvert. "C'était dans nos têtes avant même que le projet soit public. On ne veut pas montrer nos visages pour des raisons primaires de timidité, on n'aime pas être au centre des choses, tirer la couverture à soi. Et puis nos textes sont suffisamment transparents et impudiques." Sur scène, leurs visages sont donc uniquement éclairés par les vidéos projetées en arrière-plan. "On voulait laisser le projet parler à notre place", expliquent-ils.

Les témoins d'une génération
L'émergence de Fauve survient à une époque où la jeunesse ressent un besoin d'exprimer son mal-être et ses déceptions. Des chansons comme "De ceux" ou "Loterie" résument bien l'état d'esprit de ceux qui se comparent à des "ratés modernes à la victoire sans panache, des éclopés de la vie." "On ressent le besoin d'évacuer par la création, mais ce n'est pas honnête de clamer que nous sommes des haut parleurs ou des messagers", tempèrent-ils. Pourtant, des tonnes de messages affluent sur les réseaux sociaux pour exprimer la résonance de leurs propos. "Ça nous permet de nous sentir moins seuls, on ressent beaucoup de gratitude, mais on continue de le faire pour nous aider à aller mieux."

En concert au Bataclan du 3 au 7 février, du 4 au 8 mars, du 8 au 12 avril et du 13 au 17 mai. Au Printemps de Bourges le 24 avril, aux Francofolies de La Rochelle le 13 juillet.   

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