Great Black Music : dix titres pour se mettre en jambes avant l'expo

Great Black Music : dix titres pour se mettre en jambes avant l'expo

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MUSIQUES - Prévoir de bonnes chaussures pour visiter l'exposition sur les musiques noires à la Villette est essentiel. On marche et on danse beaucoup aussi. Metronews a fait une sélection des morceaux diffusés tout au long du parcours.

Bob Marley, Linton Kwesi Johnson, Frankie Knuckles , Marvin Gaye , Danyel Waro , M'Bilia Bel... La liste est interminable et la sélection difficile. L'exposition "Great Black Music", qui se tient à la Cité de la musique, et dont le nom peut faire tiquer a le mérite d'être dense. Elle propose de multiples extraits sonores (près de onze heures de documents sonores sont à disposition !). Metronews a choisi dix titres qui ont souvent (mais pas toujours) en commun d'être devenus des classiques qui font danser, la bande-son des quatre coins du monde.

"Respect" a été écrite et enregistrée deux ans plus tôt par Otis Redding, autre géant de la musique soul. Quand Aretha Franklin s'en empare en 1967, elle a alors 25 ans et devient une star. Le titre a ambiancé de nombreux films (Forrest Gump, Blues Brothers...) auquel il confère un tour funky et enlevé mais c'est avant tout la bande-son d'une Amérique aux prises avec le racisme. La ségrégation sévit encore dans certains états. "Respect" est aussi un cri de fierté, poussé par une jeune femme, noire, avec du tempérament, devenue une artiste respectée, qui a notamment chanté lors de l'intronisation de Barack Obama en 2009 à la Maison Blanche. 

Fela Kuti occupe une place à part dans la musique. Critique de l'état nigérian corrompu en place dans les années 70, les prises de position du musicien extravagant l'ont souvent conduit en prison, où il a été torturé. L'homme a laissé une empreinte indélébile en créant un genre musical : l'afrobeat. Ce mélange de funk, de jazz et de musiques traditionnelles yoruba sur des textes politiques est une invitation à danser mais surtout un poing musical brandi contre l'oppression. Ses morceaux dépassent souvent les dix minutes et trouvent de nombreux aficionados parmi les artistes, tel Keziah Jones . Ou Jay Z. Ce dernier a même co-produit FELA!, une comédie musicale dédiée au musicien, grand succès à Broadway et à Londres.

Mahmoud Ahmed a contribué à populariser "l'éthio-jazz", une forme de jazz née en Éthipoie, en dehors des frontières du pays. En 2005, sa musique a rythmé Broken Flowers, le film du réalisateur mélomane Jim Jarmusch avec Bill Murray. Phœnix s'en est inspiré pour créer "Entertainment", le single-phare de Bankrupt!, leur dernier album, comme les membres du groupe l'avaient confié à metronews.

On comprend mieux pourquoi Michael Jackson ou Rihanna ont intégré (frauduleusement) des morceaux de ce tube planétaire "Soul Makossa", sorti en 1972. Le groove infectieux est insufflé entre autres par le jeu de saxophone de son créateur Manu Dibango. Comme ce dernier le raconte dans Balade en saxo, son récent livre, le morceau a séduit le monde entier, alors qu'il n'était destiné qu'à être la face B d'un disque créé pour l'équipe nationale lors de la 8e édition de la Coupe d'Afrique des Nations de football !

1993. "Ya Rayah" devient un tube international. Rachid Taha popularise ce titre, chanté originellement par Dahmane El Harrachi et sorti en 1973. Elle permet de faire connaître le chaâbi algérien au plus grand nombre. Karim El Harrachi, le fils de ce héros de la musique algérienne, a embrassé également la carrière de musicien.

Zao est vite devenu populaire en Europe avec la chanson "Ancien Combattant", satire à la fois drôle et cruelle des méfaits de la guerre. La date de naissance officielle de ce titre n'est pas 1984, année de la sortie du premier album éponyme du chanteur congolais mais elle est en réalité née en 1969 et a été écrite et composée par Idrissa Soumaoro. 

Cheikha Rimitti est l'une des chanteuses les plus connues et longtemps l'une des plus controversées d'Algérie. Sa liberté de ton a dérangé un temps les autorités de son pays. Elle débute dans la chanson dans les années 1940. Comme l'explique l'exposition, elle tirerait son nom d'une déformation du français "remettez", puisqu'elle chantait dans les bars et demandait qu'on lui "remette" ça (qu'on lui resserve à boire, rimitti, ndlr). Elle interprète ici "Ya Milouda".

C'est lui qui chante "Cucurrucucu Paloma" dans Parle avec elle, le film de Pedro Almodovar. Caetano Veloso a contribué à la rénovation de la musique brésilienne. Avec d'autres artistes, il a participé à la fondation du tropicalisme, une invitation au métissage du genre des traditions brésiliennes avec l'avant-garde, le rock. "Tropicàlia" sorti en 1968 est un vibrant exemple de ce que ce besoin de renouveau a pu donner.  

Afrika Bambaataa fait partie des pionniers du hip-hop. Après avoir pris part à la guerre des gangs qui sévissaient à New York, le jeune DJ organise des fêtes pour casser le cercle de violence dans lequel sont entraînés les jeunes. Il crée la Zulu Nation avec pour mot d'ordre "Peace, love, unity and having fun" souhaite délivrer un message de paix. Afrika Bambaataa a inauguré un nouveau pan de l'histoire de la musique avec son morceau "Planet Rock", sorti en 1982, qui sample Kraftwerk.

Magic System offre avec "Zouglou Dance" en 2010 une version "moderne" du zouglou, musique née en Côte d'Ivoire. Le groupe est connu hors des frontières pour leurs tubes calibrés pour les clubs. À noter dans ce clip, la présence des Twins, les jumeaux repérés lors de la compétition de danses urbaines Juste Debout en 2008 et danseurs sur les tournées de Beyoncé.

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