IAM : Si Marine Le Pen gagne la présidentielle, "la démocratie tiendra 3 mois"

MUSIQUE
DirectLCI
RAP - Nous avons rencontré IAM pour la sortie de leur nouvel album "Rêvolution", un recueil de 19 titres engagés et porteurs d'espoir. Vingt ans après la sortie de l'album culte "L'Ecole du micro d'argent", les rappeurs marseillais ont un regard toujours aussi aiguisé sur la politique.

Dans Rêvolution, IAM brosse un portrait sans fard de la société française. "Ça fait vingt ans que les choses n'ont pas bougé d'un cran", lance Shurik'n dans le titre "Orthodoxe". Les discriminations existent toujours, la société reste inégalitaire, selon eux. Le rap ? "Une culture indigène qu'ils voient comme quelque chose d'indigeste", entend-on dans 'Monnaie de singe".  Leur  combat est toujours le même mais avec une dose d'espoir, un mélange de "rêve" et de "révolution".


En ces temps de campagne électorale, les rappeurs disent ne pas se reconnaître dans les candidats en lice, mais espèrent voir "une société moins fragmentée, qui ne désintègrera pas les classes moyennes, car c'est la porte ouverte au fascisme". Ils reconnaissent avoir été sollicités par un candidat, mais avoir refusé de participer à sa campagne. 

Le vote Front national, trente ans après, ce n'est pas un vote contestataire. Ils savent très bien pour qui ils votent.Akhenaton

Le Front national ? Ils l'ont vu monter depuis trente ans. "La plupart des partis d'extrême droite qui sont arrivés au pouvoir, ils y sont arrivés par les urnes", rappelle Akhenaton, qui prévient que si le FN remporte l'élection présidentielle en France, la démocratie tiendra "trois mois". 


Signataires d'une tribune dans Libération contre les violences policières après les affaires Adama et Théo, les rappeurs disent avoir pensé à leurs enfants. "Il y a une vraie réflexion qui se fait sur nos gamins et sur la société qu'on leur laisse", explique Akhenaton. "Mon fils, qui est très mat de peau, se fait contrôler plusieurs fois par jour. Les gens dans les campagnes ne se rendent pas compte de ce que peut être la vie de ces jeunes", ajoute-t-il. "Moi je dis à mon fils : 'N'oublie pas de bien serrer ta ceinture'", ironise DJ Kheops. 

Plus d'articles

Lire et commenter